Brest CHRU. Le maire hué par les manifestants. 10 octobre 2014

Voici les comptes-rendus parus dans la presse locale à propos du conseil de surveillance du CHRU de Brest. La riposte des personnels est à la hauteur des attaques programmées contre leurs conditions de travail qui ne pourront aboutir qu’à une dégradation des conditions de prise en charge des patients.


Ouest-France

Ambiance tendue, hier à l’hôpital de la Cavale-Blanche. Près de 200 salariés ont empêché la tenue du conseil de surveillance qui informait sur le plan d’économie prévoyant 183 suppressions de postes.

9 h, jeudi matin, à l’hôpital de la Cavale-Blanche. Quelques 200 agents grévistes, selon la direction, 500, selon les syndicats, du centre régional hospitalier universitaire (CHRU) de Brest– Carhaix se mobilisent pour répondre à l’appel de la CGT, CFDT, et de SUD. Il s’apprêtent à entrer en salle de réunion où se tient le conseil de surveillance. L’ambiance est tendue. À l’intérieur de la salle, Philippe El Saïr, directeur général du CHRU ; François Cuillandre, maire de Brest et président du conseil ; Christian Troadec, maire de Carhaix et membre du conseil ; la délégation territoriale du Finistère de l’agence régionale de santé(ARS) et des chefs de pôle. Le but est d’informer sur le plan de retour à l’équilibre qui entend supprimer 183 postes, dont 165 non médicaux et 18 médecins, pour résorber un déficit de 8,7 millions d’euros.

François Cuillandre hué

Les grévistes pénètrent dans la salle. Antoine Bourdon, directeur finistérien de l’ARS prend la parole. « Nous vous entendons, dit-il. Nous sommes ouvert au dialogue. » Une satisfaction dans l’attente assemblée, qui attend un réel soutien. « Le personnel ne peut être victime de ce qu’il n’a pas choisi » , lance à son tour Christian Troadec, aussitôt applaudi par les manifestants. « M. Cuillandre, nous sommes venus pour vous entendre », interpelle un gréviste. « Je ne dialoguerai pas dans de telles conditions », répond ce dernier aux côtés de Philippe>El Saïr, resté discret. Les réactions fusent : huées, sifflements. « Vous n’espérez pas être réélu, quand même », hurle une gréviste. A ces mots, le directeur et le président se lèvent et quittent la salle. Sur la pression des grèves, le conseil de surveillance n’a pas pu se tenir.

Les syndicats déçus

A l’issu du conseil de surveillance, les syndicats sont déçus. « Il n’y a aucune évolution depuis notre dernière manifestation, 23 septembre. Ils se fichent des conditions de travail, tant que ça ne coûte pas cher », lance Xavier Arzur, représentant CGT. Francis Landouar, représentant de SUD est remonté. « On voulait que le président se positionne, nous n’étions pas là pour ça ! Il y aura d’autres conseils de surveillance, nous y serons, jusqu’au retrait du plan de retour à l’équilibre. » Pour la CFDT, Patricia Roumeur s’interroge : « nous n’avons aucune information sur ce plan. Quel est le détail ? Combien ça va rapporter ? » En fin de matinée, les manifestants font barrage au rond-point Ambroise Croisat, en bas du CHU. Vers 11h, des cris et des hurlements. Les syndicats accourent. « Christian Lafosse, le président de l’ordre départemental des infirmiers a forcé le barrage. Il a bousculé une manifestante avec sa voiture ! » Les syndicats comptent maintenir le rapport de force tant qu’il n’y a pas de dialogue social.

Jeanne Hutin. Source : Ouest-France. 10 octobre 2014.


Le Télégramme :

Les trois syndicats - la CFDT, la CGT et Sud - du CHRU de Brest appelaient à débrayer ce jeudi matin et environ 300 manifestants ont envahi la salle. Le conseil de surveillance n’a pas pu se tenir et le maire François Cuillandre, qui est aussi président du conseil de surveillance, est sorti sous les huées après avoir refusé de s’exprimer sur le fond du dossier. Les syndicats CFDT, CGT et Sud appelaient à un débrayage, hier matin, contre les 183 suppressions de postes.

Président du conseil de surveillance du CHRU, le maire, François Cuillandre, a refusé de s’exprimer et il est sorti sous les huées. « Avez-vous conscience que ces suppressions d’emplois vont redessiner le paysage hospitalier régional ? On grignote sur les personnels, on diminue le nombre de lits, on ferme les services. La délégation de pouvoir s’opérera-t-elle à partir du CHU de Rennes ? Vous-même, souhaitez-vous faire 250 km pour vous faire soigner ? », a questionné Marie-Françoise Patinec, de la CFDT, interpellant directement le maire, François Cuillandre : « La ville de Brest a été qualifiée de métropole. Bientôt, si vous n’y prenez garde, vous pourrez rendre cette appellation au même titre que le "R" et le "U" (pour régional et universitaire, NDLR) du centre hospitalier de Brest-Carhaix. DCNS était le premier employeur de la ville, c’est l’hôpital qui l’a remplacé. Allez-vous une fois de plus laisser filer les emplois ? ».

Le maire de Carhaix opposé

Malgré cette attaque frontale, le maire n’a pas voulu s’exprimer sur le fond du dossier et son obstination a fait monter la pression dans la salle, où finalement près de 300 manifestants avaient pris place, au fur et à mesure, à partir de 9 h. Le maire de Carhaix, Christian Troadec, n’a pas manqué de dire son opposition aux suppressions de postes, et a été largement applaudi, interpellant le maire de Brest : « François, tu ne peux avoir ce ton de mépris en permanence ». Une pose du maire de Carhaix que François Cuillandre a qualifiée de « facile ». « Je ne partage pas votre analyse sur la situation économique du bassin brestois. Je n’ai jamais refusé le dialogue social et j’accepte tous les rendez-vous qui me sont demandés, mais je ne discute pas sous la pression », a-t-il déclaré, avant de quitter la salle, sous les huées des manifestants. Auparavant, le directeur général, Philippe El Saïr, avait tenté de rassurer : « Il n’y a pas de mise en cause de l’excellence médicale du CHRU ou de l’implication du personnel », avant de rappeler qu’il n’y avait pas de licenciements et que les 183 postes seraient supprimés sur deux ans par le non-remplacement d’une partie des 300 départs naturels annuels sur 6.500 agents. « Et le brancardage a été mis en place, il y a quelques jours, ce n’est pas le chaos qu’on nous décrivait ».

L’ARS n’est pas qu’une banque

Le représentant de l’Agence régionale de santé (ARS), Antoine Bourdon, a indiqué qu’il ferait remonter les revendications, ajoutant : « L’ARS, ce n’est pas qu’une banque, on est aussi là pour faire des projets, pour faire bouger l’organisation des soins au plus près des besoins des patients. On est convaincu que le CHRU de Brest, avec son R et son U, a un avenir. Le déficit n’est pas une fatalité, mais il faut du dialogue social et un projet médical ».

La CGT et Sud, en intersyndicale, ont diffusé un communiqué après la manifestation. « Le personnel attendait un soutien fort du maire de Brest et il est écoeuré de ce refus de communication et de cette attitude méprisante. M. Bourdon s’est désolidarisé du directeur général et du maire et il a démontré l’incompétence et l’amateurisme de ces derniers à nous apporter une réponse. Il faut rester mobilisés. En aucun cas, ce projet ne doit être validé en l’état au conseil de surveillance ».

Catherine Le Guen. Source : Le Télégramme. 10 septembre 2014.

Publié le 10 octobre 2014
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