CH Cornouaille. Plan d’économies à l’hôpital. Sud et CGT pointent des risques

Les syndicats Sud et CGT ont pointé, hier, « un risque de régression sociale » dans le plan d’économies poursuivi au centre hospitalier de Cornouaille. Il vise un retour à l’équilibre en 2018.

La direction du centre hospitalier de Cornouaille l’avait annoncé dès la fin janvier. Le plan de maîtrise économique et financière 2015-2017 se traduirait par la recherche de 4,5 M€ d’économies, dont 2 M€ dès 2015. D’autant que le déficit comptable de l’hôpital a approché les 2 M€, au lieu de 1 M€, fin 2014, pour un budget de 290 M€. Dans le plan présenté aux instances de l’établissement le 5 mai, les syndicats Sud et CGT ont relevé que « les injonctions nationales de réaliser 3,2 milliards d’économies dans les hôpitaux en 2015-2016 et de limiter à + 1,9 % la progression des dépenses de personnel en 2015 impacteraient le Chic à hauteur de 200.000 € cette année ». Selon la direction, ces charges progressent de 4 % pour le personnel médical et de 2,7 % pour le personnel non médical actuellement au Chic.

Impact de 832.000 €

À la lecture du document, la répercussion d’une baisse nationale des tarifs liés à l’activité (T2A) se révèle plus pénalisante encore. Le centre hospitalier de Cornouaille se verrait ainsi amputé de 406.000 € de recettes à activités constantes. Et l’effet de la baisse de remboursement des molécules onéreuses (médicaments et traitements contre le cancer en particulier) se chiffrerait à 226.000 €. L’impact tarifaire atteindrait même jusqu’à 832.000 € en intégrant un gel dit « prudentiel » de 200.000 €. Alors que des négociations se sont ouvertes, hier après-midi, entre organisations syndicales et direction, Sud et CGT disent « s’inquiéter pour la progression de carrière et la retraite des personnels ». L’une des mesures du plan prévoit en effet « un frein dans l’avancement d’échelon qui permet aux agents de progresser dans la grille indiciaire des salaires », conteste Jean-Paul Sénéchal (Sud). « Cela représente 103.500 € d’économies sur la masse salariale en 2015, 403.500 € en 2016 et 703.500 € en 2017. Pour les environ 2.000 agents titulaires du Chic, ça signifie 350 € de salaire en moins par an en moyenne », évalue le secrétaire de la section Sud.

Propre assureur chômage

« C’est d’autant moins acceptable que le point d’indice est gelé depuis 2010 dans la fonction publique hospitalière », complète Georges Guillouzouic, son homologue de la CGT. Leurs syndicats considèrent que « la mesure va aussi grever, à terme, le niveau de la retraite, de 100 € à 250 € par mois selon les catégories d’agents ». Interrogés sur la volonté affichée par la direction « de faire moins progresser les hauts salaires et plus les bas salaires dans un souci de redistribution », ils la jugent « cynique ». Un autre point les inquiète à l’aube du cycle de négociations : le passage de l’hôpital sous le régime de propre assureur chômage, en se désaffiliant de l’Unedic, avec l’ambition de réaliser 500.000 € d’économies alors que l’assurance chômage lui coûte plus de 1 M€. Les syndicats en contestent « le côté juge et partie » et craignent que la mesure « ne fasse qu’accroître la précarité des contractuels (évalués à environ 600) qui risqueraient de se voir proposer plus de petits contrats ». « Nous abordons les négociations dans un esprit constructif, mais nous serons fermes pour assurer un avenir meilleur à nos collègues et éviter la régression sociale », certifient les deux syndicats.

Source : Le Télégramme. 22 mai 2015.

Publié le 25 mai 2015
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