CH de Cornouaille. Des mesures inacceptables et insupportables

La direction nous a présenté lors du comité technique d’établissement du lundi 11 mai différentes mesures qui attaquent les droits acquis des titulaires et rendent les contractuels encore plus précaires qu’ils ne le sont aujourd’hui.

L’hôpital de Quimper a un budget 2015 qui est en très léger déficit. En gros, même pas 1 %.

Pourtant, la direction a choisi de nous présenter un plan de rigueur qui aura des consé-quences extrêmement graves sur nos carrières à toutes et à tous, que nous soyons titu-laires ou contractuels.

La direction veut supprimer ce qui s’appelle en termes techniques la durée intermé-diaire dans le cadre de nos changements d’échelon. Cette durée intermédiaire a été obtenue par la lutte des syndicats voici maintenant quelques décennies c’est une compensation à la dureté du travail dans les hôpitaux.

Pour nous il est hors de question de la supprimer. Quelles seraient les conséquences ? C’est bien simple : la direction a calculé qu’elle économiserait 700 000 € si cette durée intermédiaire et supprimer.

Cela revient à une perte annuelle de 350 € par agent en moyenne ! Soit en moyenne une perte de 15 000 € dans la carrière !

De plus, cette mesure empêchera les personnels de partir à la retraite avec l’échelon le plus élevé : en effet notre déroulement de carrière sera fortement ralenti.

Résultat, chaque agent perdra à la retraite entre 150 et 250 € par mois ! Soit quelques dizaines de milliers d’euros sur l’ensemble de la retraite.

Pendant ce temps-là, nos salaires sont bloqués. Nos statuts n’évoluent pas depuis des années. Contrairement à ceux des directeurs qui prennent ces décisions !

Deuxième mesure extrêmement grave : la direction a décidé d’être son propre assu-reur chômage. Encore une mesure en apparence technique. Jusqu’à présent l’hôpital payait 6,4 % du salaire brut mensuel de chaque contractuel à l’Unedic. Demain, avec cette mesure c’est l’hôpital lui-même qui payera les indemnités chômage aux CDD qui en rempliront les conditions. Économie réalisée : 500 000 €.

Pour payer le moins d’indemnités chômage possibles, il y a deux solutions : ne pas renouveler les contrats des CDD avant qu’ils n’obtiennent des droits à l’indemnité chômage et ne plus embaucher de personnel ayant travaillé quelques mois avant de postuler à l’hôpital.

Cette politique aggravera considérablement la précarité. De plus, le turnover dans les services rendra les conditions de travail encore plus difficile.

C’est une mesure totalement inacceptable ! Nous ne l’accepterons jamais !

C’est d’autant plus inacceptable que nous savons que le budget pour l’année 2016 sera encore pire. En effet, l’augmentation prévue a été revue à la baisse : elle devait être de 1,9 %, elle sera finalement de 1,75 %. De plus, le Président de la République a décidé d’allouer 3 milliards de plus aux armées pour les interventions extérieures. Et nous avons appris qu’une partie de ces 3 milliards serait à prendre sur le budget de la santé.
Les personnels hospitaliers ont montré à plusieurs reprises qu’il savait défendre le ser-vice public hospitalier pour améliorer les conditions de travail et les conditions d’accueil des patients.

Vu les provocations du gouvernement en matière budgétaire, il est aujourd’hui certain que seul un mouvement d’ampleur des personnels dans l’ensemble des hôpitaux empêchera le gouvernement de casser l’hôpital public et d’appauvrir les personnels qui travaillent. Tous les hôpitaux sont dans le rouge actuellement, nous devons montrer notre volonté de pas nous laisser faire et de préparer une rentrée qui sera combative.
Ce ne sont pas les personnels hospitaliers qui doivent payer l’addition.


Le gouvernement n’arrête pas de taper sur les hôpitaux. Les budgets hospitaliers sont en réduction depuis plusieurs années. Mais en 2015 la politique de rigueur devient réellement brutale. En effet, les tarifs des actes diminuent alors que l’inflation continue d’augmenter légèrement. En année pleine, la baisse des recettes pour le CHIC atteint plus de 400 000 €. Le remboursement des molécules onéreuses baisse également : 226 000 € de moins ! Enfin, cerise sur le gâteau, nous avons 200 000 € qui sont gelés par le ministère sur le budget qui nous est alloué. Cela fait donc 830 000 € qui nous manquent par rapport à l’année dernière.

Si nous sommes en déficit, ce n’est pas parce que nous travaillons mal, ce n’est pas parce qu’il y a trop de personnel à l’hôpital, c’est parce que le gouvernement a décidé de mettre tous les hôpitaux en déficit. Cela lui permet d’attaquer de front les 35 heures, les rémunérations, le déroulement de carrière, les statuts…

En ce moment, le gouvernement commence un bras de fer avec les personnels des hôpitaux de Paris. Le directeur de l’AP HP a décidé de supprimer des jours de RTT à l’ensemble des 75 000 agents. Nos collègues de l’AP HP, avec l’ensemble des syndicats, seront en grève le 21 mai. Leur combat est le notre, leur victoire sera la notre
il est essentiel pour l’ensemble des hospitaliers qu’un mouvement d’action générale s’engage pour empêcher que les plans de rigueur qui reviennent sur tous les acquis sociaux soient appliqués à Quimper, à Brest, à Morlaix, ou à Paris. Une grève de l’ensemble des personnels hospitaliers est programmée pour le 25 juin. Nous n’attendrons pas cette date pour commencer à mobiliser. Vous pouvez compter sur votre syndicat.

Publié le 19 mai 2015
Poster un message
modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

titi