CH de Morlaix. 500 manifestants descendent en ville

Remontés contre le plan d’économies présenté par leur direction, environ 500 agents hospitaliers sont descendus en ville manifester leur mécontentement, hier après-midi. Ils protestent contre la suppression de RTT et dénoncent le ralentissement des avancements de carrière. La mobilisation va se poursuivre. Elle pourrait même se durcir.

« Ce n’est pas à nous de payer pour un déficit qui n’est pas de notre fait ». Voilà, en substance, le message que les agents du centre hospitalier des pays de Morlaix ont répété, hier après-midi, en manifestant à l’appel de l’intersyndicale CFDT-CGT-Sud de l’établissement. Sonnés après l’annonce du plan d’économies présenté il y a un mois par la direction, les personnels ont riposté en défilant dans le calme. Après avoir quitté l’hôpital à 15 h, 500 personnes sont descendues en cortège jusqu’au centre-ville. « Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu un mouvement d’une telle ampleur à l’hôpital », souligne François, la cinquantaine, aide-soignant.

« C’est catastrophique »

Retrait de trois jours de RTT par agent qui va entraîner la suppression de 22,5 postes, généralisation de la durée de travail en sept heures pour les remplacements, ralentissement des carrières de tous les personnels non médicaux : visiblement, les décisions prises par la direction ne passent pas chez bon nombre d’employés. « C’est catastrophique. On veut nous mettre à poil en nous supprimant nos rares petits avantages », pestent Bruno et Thierry, manipulateurs en radiologie, en conversant devant la mairie. Où une délégation a cherché à rencontrer Agnès Le Brun, présidente du conseil de surveillance de l’hôpital. En réunion à l’extérieur, le maire de Morlaix n’a pas pu recevoir les agents en colère. Une absence saluée par des huées et des sifflets. Avant que le défilé ne rejoigne la sous-préfecture, où les représentants du personnel ont été reçus par Philippe Beuzelin. « Climat social délétère, logique purement comptable au détriment de la santé des patients, fonctionnement déplorable et méprisable du service Ressources humaines » : les critiques ont fusé à l’encontre de la direction d’un établissement qui emploie environ 2.500 personnes. « Nous sommes la richesse du centre hospitalier. On donne beaucoup et on est injustement pénalisés », ont insisté les syndicalistes devant le sous-préfet, en dénonçant « des économies à court terme ». « Ce plan, c’est uniquement pour maintenir le déficit de 2 millions d’euros. L’an prochain, il y en aura un autre. Comment voulez-vous qu’il n’y ait pas de désespoir ? ».

« Indispensable pour la survie de l’hôpital »

« Je comprends la deception des agents et je suis attentive à leur situation. Mais je le répète, ce retour à l’équilibre est indispensable pour la survie de l’hôpital », a réagi Ariane Bénard, jointe en fin d’après-midi. « Il n’y a pas que des mesures économiques, nous travaillons aussi à l’amélioration de la qualité de l’offre de soins », a ajouté la directrice du centre hospitalier. Pas sûr que ses propos suffisent à apaiser la colère des personnels, qui ont prévu de débrayer la semaine prochaine, de 8 h à 9 h 30, du mardi au vendredi. « Notre mobilisation s’inscrit dans la durée », prévient l’intersyndicale. Avant de conclure : « Aujourd’hui, on est resté modéré. Mais on risque de durcir le mouvement ».

Source : Le Télégramme. 29 mai 2015.

Publié le 1 juin 2015
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