CHRU de Brest. La Cavale-Blanche. Dénoncer « l’embolie des urgences »

Hier après-midi, le personnel des urgences de la Cavale-Blanche a débrayé pendant une heure, afin de dénoncer les conditions de travail, dégradées depuis l’ouverture des nouveaux locaux. Avec déjà une promesse : celle de ne pas s’arrêter là.

Trois mois après l’ouverture des nouveaux locaux des urgences, les promesses ne sont pas tenues. « On nous avait vendu des délais d’attente à la baisse, là, c’est tout l’inverse ! », explique Thomas Bourhis, délégué syndical CGT au Centre hospitalier régional et universitaire (CHRU) de la Cavale-Blanche. Lui et les autres représentants, Pascale Lestideau (CFDT) et Pascale Roberdet (Sud), ont rencontré le personnel lundi 11 janvier, avant la direction le vendredi suivant. « Aucun engagement donné, ils vont réaliser une étude sur la charge de travail ». Tous trois listent les points noirs : « La surface a triplé (2.900 m² contre un bâtiment de 1.050 m²) ce qui fait que le personnel a davantage de surface à parcourir. Accordé aux secrétaires, le nombre de consultations a augmenté de 20 % depuis l’ouverture ». Les représentants précisent ces chiffres « hors épidémie » et prennent pour exemple les 150 consultations en plus entre novembre et décembre derniers. « Le problème, continuent-ils, c’est que le personnel, lui, n’a pas augmenté ».

« Huit à dix heures sur un brancard dans le couloir »

« Au contraire, précise Pascale Lestideau. 185 postes vont être supprimés ». La représentante parle ici du non-remplacement des agents, dont 168 (150 non-médicaux) figurent dans le Plan de retour à l’équilibre, mis en place en 2014 et valable jusqu’à la fin de l’année. « Plus de temps pour les déplacements, plus de consultations, moins de personnel, continue Pascale Roberdet. Vous prenez le tout et vous avez des personnes qui patientent huit à dix heures sur des brancards dans le couloir, des délais d’attente qui explosent et un personnel proche du burn-out ».

« On n’a plus le temps de bien faire notre travail »

Dans les rangs, Véronique, aide-soignante de nuit. Pendant ses gardes, elle dit parcourir « 15 kilomètres, faire du brancadarge et donc ne plus pouvoir être autour des patients ». « Notre propre métier, on ne le fait plus, ajoute une infirmière. On n’a plus le temps de bien le faire, on arrive vraiment à saturation ». « On a fait ce débrayage d’une heure pour prendre la température, explique Thomas Bourhis. Mais ce n’est que le début ». En effet. Hier soir, un préavis de grève pour le lundi 25 janvier, de 16 h 30 à 17 h 30, venait d’être déposé et transmis à la direction.

Source : Le Télégramme. 19 janvier 2016.

Publié le 19 janvier 2016
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