Compte rendu du comité technique d’établissement du 19 avril 2011

CHIC : rien ne va plus

La direction nous a présenté la situation budgétaire de l’établissement pour l’année 2011. Nous sommes maintenant sous le régime de la tarification à l’activité. Chaque intervention est remboursée selon un tarif national. Jusqu’à présent, il y avait un tarif pour le secteur public et un tarif pour le secteur privé. Le gouvernement, cherchant à étouffer l’hôpital public, a introduit depuis quelque temps une convergence des tarifs.

Cela peut paraître normal. En effet, il n’y aurait aucune raison que les hôpitaux publics soient remboursés plus que les cliniques privées. Cependant, le gouvernement a oublié de dire que le tarif hospitalier comprend les honoraires des médecins et le remboursement des labos et des radios. Quand vous allez à la clinique, vous payez votre séjour mais aussi et en plus les honoraires des médecins ainsi que les différentes explorations.

Le gouvernement a décidé d’accélérer le processus. Résultat : il impose une « convergence ciblée » pour 193 groupes homogènes de séjour (GHS). Pour parler clair : les tarifs vont baisser pour de nombreux actes.

Cela implique automatiquement une baisse du budget de l’hôpital que la direction a évalué à 1,8 %. D’autres établissements auront une perte qui peut s’élever jusqu’à 2,4 %. Cette situation est très grave. C’est la première fois que le CHIC a un budget en déficit.

Déficit prévisible : plus d’un million d’euros

La direction a présenté au CTE un plan de retour à l’équilibre. En traduisant, cela donne un plan de rigueur qui aura des conséquences sur notre vie au travail au quotidien.

Première série de mesures annoncée : la généralisation des chambres seules. Ce sont les patients et leurs mutuelles qui vont payer. Autre moyen de récupérer des sous : un meilleur codage des actes réellement effectués. La direction va donc demander aux médecins de faire un relevé plus complet de leurs actes.

Deuxième série de mesures : la direction a annoncé un gel de toute progression d’effectifs (en particuliers médicaux mais pas uniquement) sur l’ensemble de l’année 2011 et sur l’année 2012. Il nous a été également annoncé une « stabilisation des cycles de travail ». En clair, cela signifie que la direction veut imposer des plannings à roulement partout et rapidement. Mais le manque de moyens en personnel rendra ces cycles de travail exténuants pour les agents. Cela implique également une forte probabilité d’étalement des congés d’été pour 2012. Le syndicat SUD a annoncé son refus de toute mesure qui rendrait les conditions de travail encore plus pénibles qu’aujourd’hui. Nous sommes très vigilants à empêcher tout dérapage. La direction a précisé que ces mesures ne s’appliqueraient pas avant l’été. Heureusement que le changement n’intervient pas avant l’été : tous les agents ou presque ont déjà posé leur congé.

L’organisation du pôle chirurgie va également évoluer. La direction a prévu de passer de quatre unités de 22 lits à trois unités de 24 lits. Une partie des lits récupérés par la fermeture du quatrième service seront affectés en chirurgie hebdomadaire et ambulatoire. Cette transformation se fera après l’été. La direction a annoncé qu’il y aurait un accompagnement social pour le redéploiement des personnels. Le syndicat SUD a demandé qu’il y ait une réunion de l’ensemble des personnels concernés par ces redéploiements. Nous suivrons cette affaire de très près.

Ce qui est grave, c’est que l’hôpital connaît de plus en plus de périodes de suroccupation et de suractivité. A cette allure, la politique gouvernementale nous conduit droit dans le mur.


Quelques autres points abordés au CTE

Sur les chambres seules : le syndicat SUD est totalement favorable à ce qu’il n’y ait que des chambres seules à l’hôpital.

Malheureusement, pour cause de déficit budgétaire, l’hôpital va facturer les chambres aux patients. Il est même envisagé une augmentation du tarif journalier. Nous avons rappelé à la direction que, si les mutuelles prenaient ce coût supplémentaire en charge, de plus en plus de personnes quittent leur mutuelle pour des raisons économiques. Plus de 5 millions de personnes n’ont à ce jour aucune mutuelle en France. Et pour nous, il est impensable qu’il y ait prise en charge à deux vitesses selon les revenus des patients.

Présentation du bilan d’activité 2010 et du programme d’action 2011 de la sous-commission de lutte contre les infections nosocomiales

Le rapport montre une baisse sensible du nombre d’infections nosocomiales dans l’établissement. Cependant, le syndicat a relevé que le manque de personnel dans les services de soins implique souvent que le poste de ménages saute en premier. De plus, les extensions de Fontenoy, doivent être prises en charge par le personnel de nettoyage avec quasiment aucune création d’emploi. Dans ces conditions, la technologie ne fait pas tout. Un des axes de l’amélioration de la lutte contre les infections nosocomiales est l’application de protocoles efficaces mais aussi la mise en place de postes de travail en nombre suffisant.

Reclassement des infirmières :

sur 530 infirmières, la moitié est passée en catégorie A, l’autre moitié très exactement est restée en catégorie B. Cette affaire montre la volonté du gouvernement de mépriser les personnels de santé, en négociant le passage en catégorie A avec la perte de la retraite à 55 ans (plutôt à 57 ans maintenant). Mais toutes les catégories de personnel hospitalier sont traitées de la même manière. Les aides-soignantes, les personnels administratifs, les personnels ouvriers sont également traités par le mépris.

SMUR :

Le directeur nous a par ailleurs annoncé qu’il y avait décidément trop de SMUR dans le sud Finistère et qu’il était difficile de trouver des médecins urgentistes. Cette présentation nous laisse penser que la volonté des autorités sanitaires et de la direction du CHIC est de faire de nouvelles économies en supprimant un des SMUR.

Embauches de contractuels pour l’été :

Depuis décembre, 55 nouveaux contrats d’IDE ont été signés pour les remplacements ; 7 mutations arrivent en juin et 2 après l’été. Les difficultés de recrutement sont moindres pour les AS et ASH mais le nombre d’embauchés n’est pas à la hauteur des besoins.

L’absentéisme monte par contre au premier trimestre avec une augmentation de la maladie ordinaire. La durée moyenne des arrêts s’est allongée, surtout au niveau des IDE.

Tenez-nous au courant des soucis de remplacements dans votre service.

D’autres points ont été abordés, n’hésitez pas à contacter le syndicat SUD pour plus d’informations.

Publié le 21 avril 2011
Poster un message
modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

titi