EPSM Gourmelen : la lutte continue

Dotation budgétaire constante et déficit prévisionnel à 2 M€ en 2014. Le syndicat Sud Santé monte au créneau contre de nouvelles mesures d’économies à l’hôpital Gourmelen.

« Comme en 2012 et 2013, la dotation financière de l’hôpital accordée par l’ARS (Agence régionale de santé) n’évolue pas, elle reste à environ 47 M€ pour le soin. Le déficit prévisionnel cumulé 2013-2014 atteint 2 M€. Cela se traduit par 543.000 € de mesures d’économies en 2014 », résument Marc Guilloux et Patrice Houart, de Sud Santé à l’EPSM Étienne-Gourmelen. « La direction nous en a informés le 27 mai lors d’un comité technique d’établissement extraordinaire. Une fois de plus, nous avons affaire à un déficit "fabriqué" parce que l’ARS ne finance pas à la hauteur des coûts réels de fonctionnement. Et, une fois de plus, ces mesures, qui s’appliqueront à partir du 1er septembre, vont pénaliser les patients et les personnels les plus précaires de l’hôpital », regrettent ces syndicalistes.

6,5 postes en moins à l’accueil

De quelles mesures d’économies s’agit-il ? « Après la suppression de trois jours RTT par agent en 2013, soit l’équivalent de près de dix postes (environ 450.000 € d’économies théorique), la direction prévoit notamment de faire passer de 11 à 4,5 infirmiers l’effectif de l’accueil admission situé à la clinique 10 tout en maintenant les trois postes de cadre », rapportent-ils. « Ça veut dire qu’il n’y aurait plus qu’un infirmier l’après-midi et la nuit contre deux actuellement, que les patients seront dirigés vers les urgences et l’unité médico-psychologique du centre hospitalier de Cornouaille ou feront directement leur entrée dans les services d’hospitalisation. On va clairement vers une régression dans l’accueil et l’accompagnement de personnes déjà fragiles », pointent-ils. Selon Sud Santé, le plan préconise « une facturation des chambres seules à 30 € en hospitalisation complète et 15 € la nuit et une augmentation moyenne des tarifs d’hospitalisation de 19,81 % (599 € à 718 € pour un adulte par jour), ce qui va peser sur le patient, les mutuelles et la Sécu », commentent-ils.

Avancement et prime

Côté pouvoir d’achat des personnels, « en plus du gel prolongé du point d’indice au niveau national, les agents de Gourmelen ne bénéficieront plus d’une bonification dans l’avancement, de l’ordre d’au moins 20.000 € sur une carrière d’agent recruté en bas de l’échelle », s’indigne Patrice Houart. S’y ajoute « la suppression d’une prime pour travaux insalubres de l’ordre de 25-30 € par mois ». Elle concerne des agents, infirmiers cadres et éducateurs confrontés à la prise en charge de patients, à l’extérieur de l’hôpital, dans des conditions délicates.

Hôpitaux en lutte

Ces mesures cumulées visent à ramener le déficit de 2 M€ (1,3 M€ en 2014 + 747.000 € en 2013) à 1,46 M€ fin 2014. « Face à cette casse du service public hospitalier, la mobilisation ne doit plus être locale mais nationale. C’est la raison pour laquelle nous participons depuis le 4 avril à ce qui est pour l’instant une assemblée générale des hôpitaux en lutte : 57 hôpitaux généraux et psychiatriques y étaient représentés le 22 mai à Nanterre », décrit Janine Carrasco (Sud). Le prochain rendez-vous est fixé le 18 juin à Caen.

Source : Le Télégramme. 4 juin 2014.

Publié le 4 juin 2014
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