EPSM Gourmelen : la lutte continue et continuera

BILAN ET SUITE…

Suite à notre mobilisation sur Gourmelen, (occupation des instances, manifestation auprès de la DTARS et de l’ARS, semaine du démantèlement de la santé mentale), certaines pensaient trop rapidement que la coordination (syndicats, médecins et salariées) allait amplifier le mouvement et faire reculer la direction.

Malgré notre intention de poursuivre la lutte qui, nous semble-t-il était également le choix majoritaire des salariés, nous avons respecté la règle établie par l’intersyndicale et de la coordination initiée par les médecins. Tout comme vous, nous avons l’amer sentiment de nous être fait avoir, pour ne pas dire autre chose.

Actuellement la section syndicale SUD de l’EPSM Gourmelen s’est clairement engagée dans le mouvement national, en participant le 4 avril à CAEN, et le 22 mai dernier à Nanterre aux AG nationales, initié par les personnels en lutte et les syndicats CGT et SUD de l’EPSM de Caen, soutenu par l’Union Syndicale Psychiatrie, la Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux de proximité, Coordination Nationale Infirmière, l’ UFAS et la fédération Sud Santé Sociaux

Libre aux autres syndicats de l’EPSM de s’y associer ou non, idem pour la communauté médicale. Tant qu’il y a de la lutte il y a de l’espoir « on ne lâche rien »

La direction et une partie de la coordination ont réussi à nous enfermer dans des commissions et nous n’avons pas eu de temps et l’énergie pour nous remobiliser. Vous connaissez la suite …

Suite à notre congrès local, convaincu que les déficits que nous subissons sur Gourmelen est une volonté de détruire le système psychiatrie publique et notre protection sociale, tous les jours les établissements hospitaliers affrontent un énième plan de redressement ou de modernisation avec son lot de restructuration, de suppressions de postes et de services, perte de RTT, remise en question de l’avancement, voire suppression de primes, paiement des chambres seules et des consultations.

La direction de Gourmelen n’invente rien, elle s’inspire d’autres directions.

NON DISONS STOP AU CARNAGE !!!

Le 22 à Nanterre, l’ensemble des établissements (57) présents ont fait le constat que partout en France les hôpitaux souffrent des mêmes maux : des budgets toujours en baisse qui ne couvrent pas toutes les dépenses, une volonté délibérée du ministère via les ARS d’assécher les finances des établissements pour les obliger à restructurer, à diminuer l’offre de soin, la masse salariale, donc à supprimer des postes, des services…

Cette politique attaque le service public de santé avec deux armes : la loi HPST et la Tarification à l’Activité. Son unique objectif est la marchandisation de la santé par la destruction du service public, au nom de l’austérité.

L’idée de faire converger les luttes que nous tentons toutes et tous de mener dans nos hôpitaux peut être une solution de faire reculer ceux qui veulent casser nos outils de soins qu’est l’hôpital publique.

Nous avons décidé de nous retrouver à Caen le 18 juin prochain, à la fois pour soutenir les personnels et syndicats de Caen face à la répression dont ils sont l’objet, suite à un référé de leur directeur ( 500 euros par personne et 1000 euros par syndicat) à chaque fois que le personnel envahira les instances et pour décider des perspectives de mobilisation pour l’automne.

Il nous faut donc construire démocratiquement un outil unitaire et militant pour faire face à la nouvelle vague d’austérité qui va tomber sur les hôpitaux avec le "pacte de responsabilité".

Cette nouvelle AG, ouverte à tous syndiquées et tous syndicats, non syndiquées, usagers, sera cruciale car il s’agira cette fois, d’envisager concrètement comment construire la mobilisation.

La lutte continue et continuera à Gourmelen

Aujourd’hui mardi 27 mai 2014, un CTE extraordinaire s’est tenu. Le directeur de l’établissement nous a présenté l’Etat Prévisionnel des Recettes et des Dépenses 2014.

Sans surprise, le déficit se creuse de manière structurelle et s’élève à 2 millions d’euros (1.3 million pour cette année + 747 000 pour 2013).

La direction annonce par la suite les mesures d’économie à prendre pour faire en sorte que ce déficit soit acceptable pour l’ARS et peut être ainsi obtenir une gratification en fin d’année.

Une fois de plus les petits vont trinquer :

- Retour aux règles d’avancement réglementaires, c’est-à-dire à la durée moyenne : ce qui se traduit par plus de temps dans les échelons et donc une durée de carrière plus longue, et un dernier échelon difficilement atteignable.

- Retour au cadre réglementaire pour prime de travaux insalubres : Donc arrêt de cette prime pour l’extra hospitalier, perte de pouvoir d’achat directe.

- Facturation des chambres seules 30 euros en hc et 15 en hn.

- Réorganisation de l’accueil admission, 1 seul infirmier l’après-midi, 1 plus un cadre de santé la nuit. Ce qui fait passer les effectifs de 11 infirmiers à 4.5. Maintien des postes de cadres.

- Augmentation des tarifs de l’hospitalisation de 19.81%

- Économie sur les charges hôtelières et générales et également sur les charges médicales.

Ces différentes mesures ramèneraient le déficit de l’établissement à 1,457 millions d’euros.

Une fois de plus c’est le petit personnel qui paye l’addition, elle est bien loin la solidarité du mois d’octobre…

Déjà amputé de trois RTT, maintenant ce sont nos salaires et nos déroulements de carrière qui sont attaqués.

Diminution de l’offre de soins en faisant fonctionner un accueil à minima.

Qu’est ce qui nous attend la prochaine fois ?

Quimper, le 27 mai 2014

Publié le 27 mai 2014
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