Hôpital. La grogne des soignants

Les personnels soignants de trois services (Gastro-pneumo-semaine, soins intensifs-cardio et pneumo-phtisiologie-soins palliatifs) de l’hôpital se sont mobilisés hier pour protester contre leurs conditions de travail et les conséquences pour la sécurité des patients.

La colère, l’usure et l’inquiétude étaient palpables parmi la trentaine de salariés réunis hier, dans les locaux de Sud Santé. L’objet de leur mobilisation ? L’évolution du personnel dans trois services de l’hôpital. En juin dernier, lepersonnel de pneumologie demandait la création d’un poste supplémentaire pour répondre à l’augmentation constante dunombre de patients nécessitant une prise en charge lourde. Durant l’été, la direction a répondu par une proposition impliquant plusieurs services du pôle médecine-urgence-réanimation, proposition jugée inacceptable par les personnes y travaillant.

« Déshabiller Paul pour habiller Jean »

Aucune création n’est envisagée, mais une réaffectation du personnel est proposée. « Pour les soins intensifs/cardiologie, remplacer une des deux infirmières de nuit par une aide-soignante, c’est casser le service », s’énerve un soignant. « D’autant que l’aide-soignante quittera le service pneumo-gastro, et l’infirmière venant des soins intensifs sera répartie sur deux services. Au final, les trois services vont être lésés ». « C’est déshabiller Paul pour habiller Jean », résume un délégué du personnel. « Il y a de plus en plus de demandes la nuit, mais on ne peut pas tout faire », explique de son côté une infirmière. « Surveiller les personnes sous respirateur, gérer les delirium, ou l’agressivité de certains, enregistrer les admissions, apporter les soins obligatoires, même la prise en charge de la fin de vie est bâclée, c’est navrant ».

« On répond avec les possibilités qu’on a »

Pour la direction, la situation n’est encore qu’au stade de la concertation. « Demander des postes en plus, tout le monde comprendra que ce n’est pas dans l’air du temps », explique Richard Bréban, le directeur de l’hôpital. « On nous a exprimé un besoin de compétence, on y répond avec les possibilités qu’on a de redéploiement des moyens. » Sur la question des moyens justement, le désaccord semble important. Les deux parties mettent chacune en avant l’importance de la sécurité et la prise en charge de qualité pour les patients, mais leur vision pour y parvenir est radicalement opposée.

Claire Vannier

13 septembre 2012 - Source : Le Télégramme

Publié le 14 septembre 2012
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