Hôpital. Sa souffrance au travail n’est plus reconnue

Malgré les tentatives de négociation, la direction du centre hospitalier de Gourmelen refuse de reconnaître la rechute de Marc (*) comme un accident du travail. Difficile à avaler pour l’infirmier.

« Il y a un grave problème au niveau de la gestion du personnel du centre hospitalier de Gourmelen. Notre collègue et sa famille le payent cher, mais on n’en restera pas là », avertit Jean-Paul Sénéchal. Le secrétaire général du syndicat Sud épaule Marc, infirmier de l’établissement qui poursuit un traitement à base d’anxiolytiques et d’hypnotiques depuis trois ans. Après son premier accident du travail survenu le 30septembre 2010, il a tenté de se reconstruire, puis a repris un poste dans un autre service, le 5février 2012. « Tout se passait bien avec le personnel et les médecins, j’étais à l’abri de la hiérarchie précédente dans un premier temps, mais je n’ai pas pu tenir », raconte-t-il. Sa rechute, le 26mars 2012, le remet dans le même état de détresse qu’auparavant. « État post-traumatique », conclut même son psychologue. La commission de réforme hospitalière s’est prononcée pour la reconnaissance d’un cas de souffrance au travail, comme lors du premier accident, mais la direction a refusé de suivre cet avis. « Si son arrêt, depuis le 26mars, est dans le cadre d’une maladie simple, il va devoir rembourser plusieurs centaines d’euros de trop-perçu et sa famille va en pâtir », dénonce Jean-Paul Sénéchal.

Un fort absentéisme

« Sur les deux dernières années, nous constatons une nette augmentation des sollicitations de nos collègues. Un psychologue du travail de Valeatis (société privée) a d’ailleurs confirmé cette tendance en chiffrant un absentéisme supérieur de 50% à la moyenne nationale », détaille Patrice Houart, de Sud-Santé. Contacté par nos soins, le directeur du centre hospitalier, Pascal Bénard, qui a pris ses fonctions en octobre2012, ne nie pas les faits. « Suite à un fort absentéisme dans notre établissement, nous avons mis en oeuvre plusieurs actions sur la thématique de la lutte contre les risques psychosociaux, parmi lesquelles des groupes de supervision, l’appel à un médecin du travail et à un psychologue du travail. Concernant Marc, nous sommes désolés de sa situation mais nous faisons tout pour que les systèmes de protection sociale qui le concernent puissent être activés et nous espérons qu’il retrouvera bientôt le chemin du travail », a-t-il commenté. Le directeur ajoute qu’il souhaite rencontrer les délégués syndicaux tous les deux mois pour faire le point. Toutefois, la rencontre du 8janvier n’a pas permis de trouver un accord sur le cas de Marc. Alors l’infirmier s’apprête à faire un recours devant le tribunal administratif. « Combattre, jusqu’à la reconnaissance des faits, fait partie de mon processus de rétablissement », a-t-il conclu.

* Prénom d’emprunt

Sylvain Falize. Source : Le Télégramme.

Publié le 31 janvier 2013
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