Hôpital. Sud craint un scénario catastrophe

Au lendemain d’un conseil d’administration et d’un conseil technique d’établissement survenus fin mars, le syndicat Sud Santé voit l’avenir hospitalier en noir, pour les patients comme pour les personnels.

Les textes d’application de la loi Hôpital-Patient-Santé-Territoire (ou loi Bachelot) ne sont pas encore sortis au Journal officiel mais, selon Sud Santé, le « glissement » a commencé. « Le directeur parle de territorialité. Nous, nous y voyons des regroupements non confraternels. Pharmacie, stérilisation, laboratoire... la vie au quotidien est en train de se construire avec les autres établissements. Quant à la radiologie, c’est en cours. La mise en musique se fait au travers des groupements de coopération sanitaire de moyens. Cela peut aller jusqu’à mettre l’administration en commun ». L’étape suivante serait, selon Sud Santé, une réduction des effectifs. « Fin novembre, nous avions tiré la sonnette d’alarme pour l’Hôtel-Dieu, à Pont-l’Abbé. Aujourd’hui, l’on apprend que 30 à 40 emplois vont faire l’objet de départs volontaires. L’ARH a donné 570.000 EUR pour ce plan ». Pour Jean-Paul Sénéchal, c’est « la première pierre qu’on déchausse. Les hôpitaux publics sont derrière. Plusieurs centaines d’emplois sont menacés dans le Sud-Finistère. C’est le but de la loi : concentrer pour diminuer les moyens ».

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Françoise Desnos, Jean-Paul Sénéchal et Joseph Boniz, de Sud Santé : « Plusieurs centaines d’emplois sont menacés. C’est le but de la loi : concentrer pour diminuer les moyens ».

Un Smur en sursis ?

Les Smur (service mobile d’urgence et de réanimation) pourraient, toujours selon Sud Santé, faire les frais de la même logique. Dans le Sud-Finistère, il existe un Smur à Quimper, Concarneau, Douarnenez et Pont-l’Abbé. Dans le Nord-Finistère, il manque un service à Landerneau. « Depuis longtemps, l’ARH veut récupérer des moyens pour les verser au nord ». Le syndicat présage que l’hypothèse retenue pourrait être la fermeture, durant la nuit, des urgences de Concarneau, Douarnenez et Pont-l’Abbé. Une autre piste serait la création d’un Smur avancé, à Pluguffan, en remplacement de ceux de Douarnenez et Pont-l’Abbé. Un autre pronostic serait la fermeture nocturne, une semaine sur deux, du Smur de Pont-l’Abbé puis de celui de Douarnenez.

Reste un problème juridique : un hôpital ne peut détenir un Smur que s’il a un service d’urgences qui fonctionne 24h/24. Pour contourner cet écueil, Sud Santé craint la création d’un groupement de coopération sanitaire médical, basé à Quimper, qui aurait les autorisations d’ouvrir un service d’urgences 24h/24 et qui regrouperait trois Smur. Si ce scénario voyait le jour, le service d’urgences de proximité deviendrait une douce utopie. « Ils travaillent dessus, nous le savons. Quand on voit ce qu’ils ont fait à Concarneau, il n’y a pas de raison pour que Douarnenez et Pont-l’Abbé y coupent », assurent les porte-parole du syndicat. Quid, enfin, des urgences psychiatriques de Gourmelen ? Fusionneraient-elles avec celles de Quimper ? « Les urgences psychiatriques, c’est une spécialité. Ça appauvrirait encore les conditions d’accueil aux urgences du Chic et les conditions de travail des personnels ». Entre 2008 et 2009, les urgences du Chic ont enregistré 38.932 passages, soit 3,1% de plus que l’exercice précédent.

9 avril 2010 - Source : Le Télégramme -

Publié le 9 avril 2010
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