Hôpital de Quimper. Débrayage en vue dans une unité de chirurgie


Odile Le Guirriec, Jean-Paul Sénéchal, Catherine Gloaguen et Sylvie Le Corre, du syndicat Sud Santé du centre hospitalier de Cornouaille.

Sud Santé estime que le projet territorial de l’Union hospitalière de Cornouaille, « trop précipité », met des équipes en difficulté. Le syndicat a déposé un préavis de grève en chirurgie pour jeudi.

« Nous ne sommes pas en train de dire qu’il ne faut rien regrouper ou ne rien changer mais le projet de l’Union hospitalière de Cornouaille se fait trop dans la précipitation, au détriment des équipes et de la qualité de la prise en charge des patients », pointe Jean-Paul Sénéchal, le secrétaire Sud Santé, 1er syndicat au centre hospitalier de Cornouaille. Illustrations.

En chirurgie.

« Depuis le 6 janvier, nous sommes passés de 24 à 35 lits, avec un nombre de 10 à 12 entrées et sorties quotidiennes, un taux d’occupation de 98 % », décrit Sylvie Le Corre, une infirmière de l’unité « Urologie, tête et cou, traumatologie ». « Nous avons perdu une aide-soignante le week-end, les heures supplémentaires grimpent à une vitesse folle. Il y a une vraie frustration des professionnels qui ont de moins en moins de temps à accorder aux patients de plus en plus âgés et souvent "douloureux" », regrette-t-elle. « Nous avons déposé un préavis de grève pour jeudi, entre 14 h 30 et 15 h 30, pour demander un aide-soignant supplémentaire le week-end », annonce Jean-Paul Sénéchal. « Nous avons eu un agent de plus, mais pour l’entretien : 4 heures pour 25 m de couloir et une quinzaine de pièces en plus », ajoute Sylvie Le Corre.

En stérilisation.

« Avec le regroupement de la chirurgie (hors ambulatoire) à Quimper, l’activité a augmenté en stérilisation, d’autant que Quimper la fait pour le territoire. Les agents spécialisés, qui préparent les boîtes pour les interventions chirurgicales, font deux à trois heures sup’ par jour », relate Odile Le Guirriec. « Le matériel a été modernisé, il y a un peu plus de personnel mais ce n’est pas suffisant au regard de la montée en charge du travail », insiste l’aide-soignante.

En laboratoire.

« Là aussi, les évolutions ont été précipitées depuis octobre. Les effectifs ont un peu augmenté c’est vrai, avec quatre personnes recrutées à Douarnenez, mais ce n’est pas à la hauteur de la hausse de l’activité », assure Jean-Paul Sénéchal, qui évoque « des heures sup, personnels rappelés, tubes transférés à Quimper... ». En cardiologie. « Depuis lundi, quatre lits de cardiologie conventionnelle ont basculé en cardiologie de semaine. C’était prématuré, mal organisé, tous les représentants du personnel ont émis un avis défavorable en comité technique d’établissement. Ça a des conséquences dans l’unité, où un poste d’aide-soignante a été supprimé le week-end. Ça a aussi des répercussions sur les urgences, plus sollicitées », certifie le délégué syndical.

En Ehpad.

« Dans les structures long séjour du Chic, il y a en moyenne deux aides-soignantes pour 35 résidants et une infirmière pour une centaine de personnes âgées l’après-midi », détaille Catherine Gloaguen. « Avec la hausse des niveaux de dépendance et des polypathologies, les personnels sont de moins en moins dans le soin et de plus en plus dans les tâches. Il y a une réelle frustration et de plus en plus d’arrêts maladie et d’auto-remplacements », complète l’aide-soignante. « Dans l’un des Ehpad où travaillent une cinquantaine d’aides-soignants et infirmiers, la direction a un total de 260 jours de travail à rendre aux agents », illustre-t-elle.

Source : Le Télégramme. 8 février 2014.

Publié le 8 février 2014
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