Hôpital psychiatrique. La souffrance au travail reconnue à Quimper

En janvier, l’administration s’est prononcée en faveur d’un infirmier hospitalier. Faisant l’objet de troubles psychologiques, il a été reconnu comme victime d’un accident du travail.

Anxiolytiques, hypnotiques... Près d’un an après l’incident intervenu lors d’un entretien avec sa hiérarchie, Marc (*) n’est pas totalement sorti d’affaire. Anonymement, il a voulu témoigner pour que son histoire serve d’exemple. L’infirmier de l’hôpital psychiatrique de Quimper a pourtant pu reprendre le travail. Après quatre mois d’arrêt. Et surtout après la décision de la commission de réforme hospitalière. Elle a reconnu son état de santé comme la conséquence d’un accident de travail imputable au service. Une décision rare, saluée par Sud-Santé. « À ma connaissance, c’est la première fois à la pointe de la Bretagne, qu’on reconnaît un accident du travail lié à une situation conflictuelle dans un centre hospitalier », note le syndicaliste Jean-Paul Sénéchal.

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« Je n’étais plus rien »

Infirmier depuis 2003 à l’hôpital Gourmelen, Marc a changé de service début 2010. « Je trouvais le travail très intéressant ». Affecté à la suite d’une période probatoire de six mois et d’une bonne note en connaissances professionnelles, il a rapidement découvert l’ambiance particulière du service. « Notre parole était systématiquement discréditée ». Sud-Santé en veut pour preuve le nombre d’infirmiers à s’y être succédé :« Sept pour quatre postes, en l’espace de dix-huit mois ». Jusqu’au dernier incident de juillet dernier. « Je me suis permis de dire stop au nom de l’équipe », plaide l’infirmier. Un mois plus tard, il reçoit une convocation pour un entretien programmé fin septembre. « J’y suis entré infirmier. Je suis sorti, je n’étais plus rien, totalement anéanti », explique-t-il. « On m’a dit que mon manque de professionnalisme pouvait mettre les patients en danger... Si je n’avais pas été entouré, je ne sais pas où j’en serais aujourd’hui ». Abordé en CHSCT, le sujet a conduit la direction de l’hôpital à proposer un accompagnement, notamment sous la forme d’un groupe de parole. Une proposition inadaptée au regard des délégués syndicaux.

Une enquête en cours

Un état de choc dont la gravité conduira son médecin à l’arrêter. D’abord pour quinze jours, puis pour quatre mois, après la première expertise psychiatrique diligentée par la direction de l’hôpital, concluant à des troubles. « La direction s’est précipitée », juge Jean-Paul Sénéchal. Ses conclusions ont d’ailleurs été contredites par celles d’un spécialiste des souffrances mentales au travail, dont les conclusions ont été retenues par la commission de réforme. Par la voix de sa directrice des ressources humaines, l’hôpital se dit mesuré : « La direction a oeuvré dans la plus grande neutralité, dans le respect des deux parties ». Marc ne veut pas pour autant en rester là. Depuis son alerte auprès de l’agence régionale hospitalière, le dossier a été confié à un médecin inspecteur. Pour l’infirmier, l’objectif est clair : « Que l’hôpital reconnaisse enfin sa faute ». Il se réserve le droit d’aller devant les tribunaux s’il estimait que son préjudice n’a pas été réparé.

* Prénom d’emprunt.

- Source : Le Télégramme - 1 juin 2011.

Publié le 21 mars 2011
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