Hôpitaux. La coopération renforcée inquiète Sud-Santé

Le syndicat Sud-Santé a exprimé, hier, ses premières réserves, alors que les hôpitaux cornouaillais vont entrer dans le vif d’un projet d’orientations médicales commun.

Il nous faut travailler par anticipation à la loi Hôpital patients santé territoires (HPST) sur un projet d’orientations médicales commun à Quimper-Concarneau, Douarnenez, Pont-l’Abbé et sans doute ultérieurement à Saint-Yvi », annonçait, au printemps, le directeur du centre hospitalier de Cornouaille (Le Télégramme du 28avril). Jean-Roger Pautonnier énonçait là l’un des remèdes à la sursaturation chronique du centre hospitalier de Cornouaille. Il évoquait l’élaboration, d’ici à décembre2009, d’un diagnostic des flux de patients et une analyse approfondie des activités sur chacun des établissements. Hier, le syndicat Sud-Santé a rendu publics deux rapports : un sur le diagnostic (une sorte de photo des forces et faiblesses, des « parts de marché » des quatre hôpitaux), un autre sur la gestion des personnels, métiers et compétences dans les centres hospitaliers de Cornouaille et de Douarnenez. Sud-Santé s’y est opposé, mardi, lors d’un comité technique d’établissement.

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« Emplois menacés »

Pour son leader, Jean-Paul Sénéchal, « on est dans la stricte application de la loi HPST (désormais adoptée). On va dans le sens d’un recentrage des activités sur le plateau technique de référence à Quimper, d’une mutualisation des moyens administratifs et médico-techniques. Avec ce risque que les hôpitaux périphériques ne conservent que des activités long séjour ou de soins de suite ». Selon lui, « ça préfigure une mobilité accrue des personnels, mais aussi des dizaines de suppressions d’emplois ». Le syndicat dit redouter « la fermeture des urgences à Douarnenez et Pont-l’Abbé et le délitement des activités locales, de chirurgie par exemple, qui font la vie d’un hôpital, alors que la population (316.850 habitants) a besoin de réponses de proximité ».

« Filières de proximité »

« On n’est pas du tout en train de construire un projet commun en se disant que l’on va fermer ici ou là ou que l’on va découper les unités d’urgence. On veut précisément éviter la concentration des flux sur Quimper et favoriser le programmé partout », a assuré hier le directeur du Chic. « L’objectif, c’est de mieux se coordonner entre équipes sur l’ensemble des activités de médecineet de chirurgie des quatre sites, en s’appuyant sur des plateaux techniques de proximité confortés et un plateau de recours à Quimper pour des soins qui nécessitent une prise en charge plus lourde », a-t-il insisté. « Notre responsabilité, c’est de répondre aux besoins de santé par des prises en charge coordonnées, en tenant compte des évolutions techniques et de la démographie médicale. C’est pour cela que nous anticipons ce projet commun en imaginant des équipes sectorielles, des filières de soins, en nous appuyant sur des compétences partagées », a complété Éric Guyader, le directeur de l’hôpital de Douarnenez. Ils réfutent toute idée « de suppressions d’emplois » ou de mobilité accrue des personnels soignants, « sauf peut-être sur des compétences très spécifiques comme cela se fait actuellement », explique Éric Guyader. La finalisation du projet d’orientations médicales commun est prévue fin février2010.

Bruno Salaün

17 octobre 2009 - Source : Le Télégramme -

Publié le 17 octobre 2009
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