Hôpitaux : le syndicat Sud craint la fusion

Les hôpitaux du Finistère-Sud font l’objet d’un projet de coopération. Les structures de proximité seraient en sursis.

Réorganisation du territoire de santé

Sud santé a exprimé son inquiétude, hier, lors d’une conférence de presse. « La série de réunions qui a eu lieu la semaine dernière montre qu’il y a un sérieux coup d’accélérateur, affirme Jean-Paul sénéchal, porte-parole du syndicat. Lundi dernier, le directeur de l’Agence régionale d’hospitalisation a rencontré des représentants des hôpitaux de Quimper, Concarneau, Douarnenez et Pont-l’Abbé. D’autres réunions en découlent. Ce lundi, une information aura lieu à l’hôpital Gourmelen entre la direction, les médecins et les représentants du personnel. » Pour Sud, ces rencontres préfigurent une réorganisation au sein du territoire de santé. « Cette restructuration touche également l’Hôtel-Dieu de Pont-l’Abbé. L’enveloppe de 1,7 million d’euros accordée à l’établissement ne se fera pas sans contrepartie. »

Crainte d’une fusion

Ces mesures vont toutes dans le même sens, affirme Sud : la fusion des hôpitaux de proximité (Douarnenez et Gourmelen) avec le centre interhospitalier de Cornouaille qui comprend déjà les sites de Laennec à Quimper et Concarneau.

Cela concernera également, à plus long terme, l’Hôtel-Dieu de Pont-l’Abbé qui est une structure privée avec une mission de service public.

« Le risque, c’est que ces hôpitaux perdent progressivement leurs services d’accueil, informe Jean-Paul Sénéchal. Comme Concarneau qui a perdu ses urgences de nuit.

« Par ailleurs, Douarnenez, avec moins de 1 500 actes chirurgicaux par an, est dans le collimateur de la ministre. »

Les urgences

C’est acté, le Smur sera fermé une semaine sur deux à Pont-l’Abbé et à Douarnenez. « Avec l’ouverture des nouvelles urgences de Quimper, on entendra à nouveau parler de la fermeture des urgences de nuit à Pont-l’Abbé et Douarnenez », déclarent les représentants de Sud.

Une coopération logistique

D’ores et déjà, deux groupes de coopération sanitaires ont été annoncés. Le premier concerne le volet médical et le deuxième la logistique. « Ça, c’est nouveau, précise Jean-Paul Sénéchal. L’hôpital de Pont-l’Abbé va entrer dans une structure commune de gestion des stocks et de commandes de matériel. Ce que nous craignons, c’est que cette concentration des services entraîne des suppressions d’emplois importantes. » Pour le syndicat, il y aura forcément des économies d’échelle à faire.

La psychiatrie touchée

Cette réorganisation au sein du secteur de santé touche également la psychiatrie. Toujours selon Sud, l’hôpital de Gourmelen prendrait en charge la structure psychiatrique de l’Hôtel-Dieu à Pont-l’Abbé. Par ailleurs, les produits destinés au service de chimiothérapie de Pont-l’Abbé (2 000 patients par an) seraient désormais fabriqués au centre hospitalier de Cornouaille. « C’est une logique purement économique, précise Patrice Houart, du syndicat Sud à Gourmelen. Tout se fait dans la précipitation sans aucune concertation avec les instances. »

Distribution de tracts

Pour informer les personnels et sensibiliser la population, Sud va organiser des réunions d’information et des distributions de tracts, dès la semaine prochaine. « Nous aimerions également que les usagers s’emparent de cette question qui les concerne directement, conclut Patrice Houart. La prise en charge des patients sera fortement modifiée. On est en train de casser un système qu’on a mis 30 ans à construire. »

Lucile VANWEYDEVELDT.

21 novembre 2009 - Source : Ouest-France.

Publié le 21 novembre 2009
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