La chirurgie est réorganisée dans le Sud Finistère ?

Ah bon, on est pas au courant !

Les hôpitaux du sud du département ont cessé d’être autonomes depuis plusieurs mois. De plus en plus d’activités sont prises en charge par une nouvelle couche bureaucratique au doux nom d’Union hospitalière de Cornouaille, une application stricte de la loi Bachelot qui vise à la réduction des services publics hospitaliers.

Ainsi, les activités comme le laboratoire, la pharmacie, la stérilisation ont commencé à se regrouper sur le site de Quimper. Ce qui n’est pas sans poser de sérieux problèmes de surcharge de travail.

Le gros chantier actuel est celui de la chirurgie. Au début de l’année 2014 la plupart des actes chirurgicaux seront effectués au bloc opératoire de Quimper. Cela implique qu’il est indispensable de réorganiser le bloc opératoire et les chirurgies. Et pas qu’un peu !

Pour autant, à un mois et demi de la mise en place de ce nouveau système, rien de précis n‘est à ce jour connu. Les agents concernés ne savent pas quels seront les effectifs mis en place pour faire face à cette augmentation de l’activité. Plusieurs réunions ont été organisées pour parler du bloc opératoire, mais même pour ce service, on entend évoquer des aberrations comme des journées de travail de 4 ou 5 H00. Le nombre d’agents est insuffisant alors il faut introduire de la flexibilité dans les horaires, ce qui n’est bien sûr pas acceptable.

Des services de chirurgie ingérables ?

Les services de chirurgie vont être à nouveau modifiés. Ce n’est pas le changement en soi qui est critiquable. Les personnels hospitaliers y sont habitués. C’est le mode « les dirigeants dirigent et les exécutants exécutent » qui n’est pas correct.
Des réorganisations, la chirurgie, comme l’ensemble des services, en a connu plu-sieurs. La dernière en date a été imposée voici deux ans à peine. Et maintenant, on recommence. Et la méthode est la même : les personnels avaient été avertis à l’époque par les syndicats des modifications à venir. Ce n’est pourtant pas difficile de réunir les agents concernés pour leur expliquer ce qui se passe. Et même si la direction n’a pas encore tout fixé, il faut le dire. Ce n’est pas le fait que les projets sont une nouvelle fois en chantier qui gène les personnels : c’est le manque total d’échanges. Ce sont les personnels qui connaissent le mieux les méthodes de travail. Cela peut permettre d’éviter des erreurs. Le représentant SUD est intervenu à ce propos au Conseil de surveillance.

Des réunions commencent à être organisées, mais ce ne sont pas des réunions dans lesquelles les personnels peuvent donner leur avis sur tel ou tel aspect de la réorganisation. Tout est déjà décidé, parfois en dépit du bon sens !
Un exemple : avec l’extension Nord-Ouest du Fontenoy, les couloirs font 75 m de long. En ce moment, le service de neurologie en fait l’expérience tous les jours. C’est la galère totale. Qui a donc eu l’idée saugrenue de faire de tels couloirs pour un service ? Un cousin éloigné d’Usain Bolte ?

L’extension peut être séparée de l’ancien service et deux services peuvent donc être installés, l’un à la suite de l’autre.

Et bien, puisqu’il y a risque de faire des bêtises, elles seront faites : en effet, le futur service de chirurgie qui s’installera au 6ème étage va faire 75 mètres d’un seul tenant. Aux dernières nouvelles (on espère se tromper), les personnels devront gérer les onze lits d’urologie, tête et cou mélangés avec les 24 lits de chirurgie conventionnelle.
Cette organisation n’est dictée que par une volonté financière qui ne tient pas compte un instant des besoins. En effet, il est plus facile de gérer une équipe avec 35 lits que deux équipes avec 24 lits d’un coté et 11 de l’autre. Les personnels peuvent se remplacer entre eux. Donc cela permet des économies.

Bref, l’ensemble des personnels va avoir des jambes de marathoniens. Mais a-t-on mesuré les conséquences pour le personnel de nuit s’il est appelé dans des chambres totalement opposées ? A-t-on pensé à la prise en charge des patients avec des conditions de travail pareilles ? De plus, il serait question que les personnels de nuit tournent sur l’ensemble des chirurgies. Cette possibilité est elle-aussi inquiétante. En effet, les différences entre services sont importantes. Cela entraînera une fatigue supplémentaire pour les personnels qui n’ont déjà pas besoin de cela. Quant au suivi des patients, il sera bien plus compliqué.

Cette mutualisation du personnel de nuit n’a qu’un seul objectif : permettre des économies de personnel et donc des économies de fonctionnement. Décidément, le slogan « La santé n’est pas une marchandise » est toujours d’une actualité brûlante.


Et Pont-L’Abbé ?
Il ne restera qu’une activité symbolique à Pont-L’Abbé : deux jours dans la semaine seront réservés aux endoscopies et à des actes de cardiologie sous AG. Ce maintien d’une activité résiduelle est surtout politique : il permet de faire semblant de garder une partie de la chirurgie à Pont-L’Abbé. Mais il est certain que l’ARS veut la fermeture de ce bloc le plus tôt possible. Notre syndicat est bien évidemment opposé à un tel choix. Il y a de la place pour une chirurgie de proximité à Pont-L’Abbé comme à Douarnenez.


A quand l’ouverture de l’UCJ bis ?
La direction ne veut pas parler de la ré-ouverture de l’UCJ bis alors que l’UCJ connaît un turn-over de patients trop important. Aujourd’hui, cette réouverture est une nécessité pour permettre de revenir à un taux de fréquentation acceptable. Les personnels sont en souffrance : alors que le service devrait être fermé le soir à 20H, il est 22H le plus souvent quand les agents peuvent partir. Ce n’est pas acceptable.


Des retours de bloc tardifs
Aujourd’hui, deux brancardiers assurent le service de nuit pour tout l’hôpital à partir de 21 heures. La question n’est pas de discuter de la prolongation des horaires de bloc jusqu’à 18 heures, mais de demander à la direction d’assumer ses choix. En repoussant les horaires de fermeture du bloc, la direction sait parfaitement que tout le travail de retour des patients va être décalé sur les équipes de nuit. Il ne faut pas que la direction s’imagine que ce seront les services de chirurgie qui viendront chercher les patients en salle de réveil. Nous attendons des réponses pour anticiper des dysfonctionnements qui ne manqueront pas d’arriver si l’équipe de brancardage n’est pas étoffée.


Renforcer tous les corps de métier
L’activité qui va augmenter devra aussi avoir des répercussions en terme d’embauche sur d’autres fonctions : les secrétariats médicaux, les transports, l’équipe de nettoyage, … Sinon, cela risque d’enclencher des situations de suractivité en chaîne.


Un nombre de contractuels historique
Le CH de Cornouaille fait travailler plu-sieurs centaines de contractuels. Il n’y en a jamais eu autant. Comment cela peut s’expliquer ? Encore une fois, c’est la loi du fric : les contractuels coûtent bien moins cher que les fonctionnaires. Ils n’ont aucune prime de service et ne montent que très peu les échelons. Certes, tous les postes de contractuels ne peuvent permettre une titularisation : les remplacements de maladie ou les remplacements de temps partiel.

Le nombre de postes publiés aux con-cours sur titre organisé dans les pro-chaines semaines est loin de faire le compte. En effet, le total des emplois de contractuels frôle les 600.


Un déficit également historique
La direction de l’hôpital a annoncé lors du dernier Conseil de surveillance (C’est l’ancien Conseil d’administration qui a changé de nom) que le CHIC avait un déficit prévisionnel de 1,65 millions d’euros. C’est important et un des moyens les plus rapides pour réduire ce déficit est de réduire les sommes consacrées au personnel. C’est le poste de dépenses le plus important.

Il faut donc s’attendre à une politique de restriction des remplacements encore plus importante que ce que nous avons vécu en 2013 (et ce n’est pas fini).

L’attitude du président du Conseil de surveillance : un manque de respect inacceptable

Toutes les questions que le personnel se pose à propos de la réorganisation des chirurgies sont des questions légitimes. Des dizaines d’agents sont directement concernés dans leurs conditions de travail par ces réorganisations qui ont des conséquences importantes sur leur vie quotidienne. Il est normal que les représentants du personnel s’inquiètent de l’impréparation de ce transfert de la chirurgie et posent des questions sur ce sujet, comme sur d’autres, lors des réunions avec la direction.

Le Conseil de surveillance de l’hôpital s’est réunit le jeudi 17 octobre. Un premier point à l’ordre du jour était une information sur les dossiers en cours. C’était l’occasion de de-mander des nouvelles du scanner pour Concarneau, pour savoir où en est le dossier.

Le maire de Quimper, président du conseil de surveillance, a reproché à notre représentant d’avoir posé cette question sans lui avoir demandé l’autorisation au préalable. Mon-sieur le maire n’est sans doute pas au courant que les représentants des personnels ont des comptes à rendre aux personnels, pas aux élus locaux. Pire, le maire a voulu faire la morale à notre collègue en l’accusant d’avoir manqué de politesse par le simple fait d’intervenir sur un dossier en cours. Quand un administrateur de l’hôpital représentant les personnels pose des questions au Conseil de surveillance c’est donc malpoli pour ces notables. Et bien tant pis. Nous continuerons.

Un peu plus tard, la question du transfert de la quasi totalité des actes de chirurgie de Pont-L’Abbé à Quimper a été abordée par la direction. Le projet a été présenté comme une opération bien menée, avec des échéances qui ne posent pas de difficultés. Bref, tout allait bien dans le meilleur des mondes.

Notre représentant a encore une fois été malpoli puisqu’il est intervenu pour expliquer que du point de vue des personnels ce n’était pas ressenti de la même manière. En effet, une partie des personnels changera de service, d’organisation et d’horaires de travail, ... dans moins de deux mois et aucune information ne leur était apportée. Notre collègue est intervenu pour que les autres administrateurs soient au courant de la réalité du dossier. Par ailleurs, en tant qu’administrateur, il a posé plusieurs questions à la direction : sur le sort des contractuels en cas de transfert de personnels de Pont-L’Abbé, sur les plannings, …

La courtoisie la plus élémentaire voudrait que des réponses, même succinctes, soient ap-portées quand un administrateur pose des questions.

L’attitude du président du Conseil de surveillance a été une nouvelle fois inadmissible et irrespectueuse. En effet, il a immédiatement enchaîné sur la question suivante comme si les interrogations des personnels des chirurgies n’avaient aucun intérêt pour lui et les autres administrateurs.

Notre représentant a alors quitté la salle du conseil en expliquant au maire que son départ était motivé par le mépris dont sont l’objet les personnels de cet hôpital, au travers de son comportement envers les représentants du personnel.

Publié le 3 décembre 2013
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