Le directeur de l’ARS n’a pas échappé à la colère des personnels du CHRU de Brest

Jeudi 6 février, CGT et SUD appelaient à une grève l’après-midi à l’occasion de la visite du directeur de l’ARS, M. Gautron, accompagné de son adjoint local, M. Bourdon. L’après-midi aurait dû se passer en congratulations réciproques entre ARS et direction du CHRU, devant des petits fours.

Pas de chance, les personnels sont venus dire leur ressenti et ont fait éclater leur colère. Environ 200 hospitaliers étaient présents dans le hall, pendant qu’une délégation des deux syndicats qui avaient lancé le mouvement de grève était reçue par l’ARS. La CFDT, ne voulant pas s’associer au mouvement de défense des conditions de travail, a été reçue à part.

Après l’entrevue, les personnels ont envahi le couloir d’accès à la salle de réunion, puis ont suivi le directeur de l’ARS en faisant du bruit et en l’interpellant sur leurs conditions de travail.

Quand il a voulu se rendre en voiture sur le lieu de pose de la première pierre de l’extension des urgences, des manifestants ont bloquer les voitures, obligeant Gautron à sortir de son véhicule et à entendre en direct les personnels.

Gautron a affirmé avec aplomb que 200 emplois avaient été créés au CHRU ce qui a fait réagir les personnels alors que des postes d’ASH sont supprimés dans tous les services en ce moment pour créer un service central de brancardage.

Mais les personnels ne sont pas en colère uniquement pour leurs postes. Ils ont pleinement conscience que l’austérité imposée par l’ARS aux hôpitaux bretons (sous couvert de notre ministre millionnaire) ont des conséquences sur la qualité de l’accueil aux patients.

Des manifestants ont renvoyé à ce bureaucrates que pendant qu’ils allaient dépenser le budget de l’hôpital en champagne et petits fours, les patients ne pouvaient obtenir un simple jus d’orange.

Mais cela, l’ARS ne veut pas le savoir.

Pour finir, la réception ne s’est pas déroulée comme prévu : il y a bien eu la présentation des nouvelle urgences. Mais Gautron n’est pas resté pour le buffet. En effet, le personnel qui avait envahi n’a pas laissé au directeur de l’ARS le loisir de déguster des petits fours aux frais de la princesse.

Lors de la deuxième inauguration à l’hôpital Morvan, une deuxième rassemblement s’est tenu devant l’entrée du bâtiment. Les personnels ont envahi la salle où se tenaient les mondanités pour rappeler leurs revendications.

Bref, un après-midi de mobilisation pour accueillir un directeur d’ARS qui vient inaugurer de nouvelles installations, comme s’il les avait lui-même financé. On finirait par oublier que ce sont nos cotisations sociales qui financent ces travaux.

DECLARATION CGT-SUD du CHRU Brest-Carhaix à l’attention du Monsieur GAUTRON, Directeur de l’Agence Régionale de Santé Bretagne.

Monsieur GAUTRON,

Votre visite au CHRU de Brest-Carhaix correspond à une journée de mobilisation du personnel. Vous constaterez par vous même que cette mobilisation est largement suivie car le personnel est inquiet. Inquiet pour l’avenir de leur établissement, inquiet pour leurs conditions de travail, inquiet pour la qualité des soins à l’hôpital public de Brest-Carhaix.

Vous vous féliciterez sans doute de l’avancée des travaux des futurs bâtiments des urgences de la Cavale Blanche et de l’ouverture du bâtiment 4 bis à l’hôpital Morvan. Pourtant, à l’intérieur des bâtiments, dans les services de soins, aux laboratoires, aux services techniques, au bloc opératoire, en cuisine, le malaise est grandissant.

Les plans de retour à l’équilibre budgétaire liés aux déficits "provoqués", subit par l’établissement depuis plusieurs années, entraînent des réorganisations incessantes qui épuisent les professionnels, dégradent les conditions de travail et la qualité des soins.

Les projets d’établissement n’ont plus comme objectif prioritaire l’amélioration de la qualité des soins ou des conditions de travail du personnel mais la recherche de l’efficience, l’augmentation de l’activité et la recherche d’économies comptables.

Pour exemple, le projet "brancardage centralisé", qui aurait du être un projet ambitieux pour améliorer la prise en charge des patients et les conditions de travail des soignants, s’est transformé en un-véritable plan "social déguisé" qui risque d’entrainer une dégradation de la qualité du service au patient, une baisse de l’entretien des locaux et une augmentation de la charge en soins. Sans parler des dizaines d’agents qui seront contraints à une mobilité forcée.

Les raisons ? Encore et toujours des raisons économiques. L’ONDAM (objectif national des dépenses d’assurance maladie) n’a jamais été aussi bas et les établissements de santé sont de nouveau mis au régime sec. Il leur est demandé 580 millions d’euros d’économie en 2014, la refonte de la T2A met en place une dégressivité tarifaire qui va entraîner une diminution supplémentaire de leurs ressources et une course à l’activité qui n’a aucun sens dans le secteur de la santé. Qui peut encore s’étonner du déficit des hôpitaux publics, prétexte idéal aux suppressions de poste et aux "réorganisations" ?

L’article du Télégramme

La visite d’Alain Gautron, directeur de l’Agence régionale de santé Bretagne, hier, à l’hôpital de La Cavale-Blanche, n’a pas été sans heurt. Une centaine de membres du personnel ? CGT et Sud annonçaient 270 grévistes sur tout le CHRU ? s’était rassemblée dans le hall de l’hôpital, dès 13 h 30, pour protester contre le projet de « brancardage centralisé » que les syndicats qualifient de « plan social déguisé ». Dans un tract distribué aux visiteurs de l’hôpital, les syndicats dénonçaient le « risque d’entraîner une dégradation de la qualité du service au patient, une baisse de l’entretien des locaux ». Car ce projet de création d’une équipe de brancardage centralisée coûterait « 44 suppressions de poste dans les services de soins, sans compter les huit postes de brancardiers de blocs opératoires », estiment-ils. « La situation est la même dans tout le département. Il y a des mouvements similaires à Quimper et Douarnenez », insiste Jean-Paul Sénéchal, secrétaire départemental de Sud.

Discussion animée sous la pluie

Après le rassemblement, les manifestants, un peu désorganisés, sont allés à la rencontre d’Alain Gautron, qui a traversé la foule dans un silence pesant. « Pourquoi lui fait-on une haie d’honneur ? », s’interroge une gréviste avant de s’indigner : « C’est la première fois que je fais grève et ça sera la dernière ». Devant le mécontentement général, une poignée de manifestants parvient à immobiliser la voiture du directeur de l’ARSB pour engager une discussion sous la pluie. Il est alors 14 h 30 et le mouvement finit par se disperser. Un groupe se rend à l’hôpital Morvan, pendant que les autres vont continuer de manifester leur mécontentement à la réception organisée pour la pose de la première pierre des futurs bâtiments des urgences, en présence de François Cuillandre.

7 février 2014.

Publié le 8 février 2014
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