Manifestation contre la politique l’ibérale de l’ARS

La manifestation du 4 juin à l’Agence régionale de santé (ARS) à Rennes a été un succès malgré les difficultés de mobilisation des hospitaliers qui ne peuvent faire grève comme ils le souhaitent dans les établissements. Plus d’une centaine de manifestant-e-s a défilé dans les rues avant de se diriger vers les locaux de l’ARS.

Forte présence des collègues de l’EPSM Gourmelen en proie à une tentative de vol de leurs jours de RTT. En effet, la direction veut leur voler un à six jours de RTT, mettre les contractuels à 7H00 par jour (donc sans aucun RTT). Forte présence aussi des personnels d’Ille-et-Vilaine et notamment de Guillaume Régnier où la direction tente depuis longtemps de rogner sur tous les droits des hospitaliers.

Des délégations syndicales de chaque établissement ont été reçues par le directeur adjoint de l’Agence régionale de santé, M. Bertrand. Puis les manifestants ont envahi les locaux de l’agence pour soutenir la délégation. Les collègues ont expliqué à la direction de l’ARS combien ce vol de jours de RTT est cynique : les directeurs savent bien qu’en supprimant des jours de RTT, ils doivent diminuer la journée de travail de quelques minutes pour compenser. Mais il savent aussi que dans les hôpitaux, les personnels ne peuvent quitter le travail à la sonnerie, comme à l’usine.

Donc, les hospitaliers continueront à finir leurs soins mais sur leur temps libre et perdront les jours de RTT annoncés. Les directeurs reprennent donc d’une main ce qu’ils donnent de l’autre. De plus, comment vont-ils faire pour les cadres qui sont en forfait jour ? ces derniers ne pourront pas être touchés puisqu’ils ont un forfait de 20 jours de RTT par an. Joyeuse ambiance en perspective dans les services avec des cadres qui devront expliquer au personnel en difficulté pourquoi la direction leur pique des RTT.

Quand on sait que certains syndicats ne bougent pas le petit doigt et laissent faire, cela laisse rêveur.

Ce ne sont pas les personnels qui creusent le déficit des établissements hospitaliers mais bien la politique de santé de ce gouvernement, comme du précédent.

A l’issue de la journée, les manifestants sont bien décidé à poursuivre le mouvement, à l’étendre et à bloquer les fonctionnement institutionnel des établissement si cela est nécessaire.

Face à la surdité et au mépris de l’ARS, l’assemblée générale tenue dans le car du retour pour Quimper a décidé de nouvelles actions à une large majorité.

Pour l’ARS de Bretagne, les choses sont simples et mathématiques. Il existe une enveloppe de dotation régionale fermée qui sera répartie entre les plus méritants.

Histoire de nous diviser.

Mais il tente de nous rassurer en nous disant qu’ils habilleront Pierre tout en dépouillant Paul. De quoi nous réjouir !!

Il semblerait que les établissements non méritants soient sur dotés, l’élément déterminant étant le coût de prise en charge par patient. La Bretagne est au dessus de la moyenne nationale. Le fait que notre région connaît des particularités épidémiologiques comme la surmortalité par suicide ou le taux élevé de troubles addictifs, passe au second plan.

La HAS avec son plan HPST est bel et bien en train de détruire le service public psychiatrique.

Quant à la direction de Gourmelen, elle maintient son plan d’austérité malgré le soutien des représentants des usagers et malgré le soutien de la CME qui souligne : « les propos brutales de la réduction des moyens soignants que la direction nous impose. » Or la CME pense que « face à l’augmentation des tâches, il faut plutôt soutenir et renforcer l’ensemble des dispositifs de la santé mentale. »

Et la pression ne s’arrête pas là, car l’HAS va jusqu’à imposer un mode de penser, comme on peut le constater pour l’autisme ! Mme Carlotti, Ministre aux personnes handicapées, n’a-t-elle pas déjà menacé les établissements qui ne se plieraient pas à la méthode préconisée par la HAS, de ne plus obtenir leur subvention de fonctionnement ?
Notre travail soignant est basé sur un travail relationnel et créatif qui allie des connaissances spécifiques, un savoir être et faire et l’humanité nécessaire pour accueillir la singularité des malades dont nous nous occupons.

NON à la marchandisation inhumaine de la santé !!!

Pour finir, une phrase de François Tosquelles qui disait : « Sans reconnaissance de la valeur humaine de la folie, c’est l’homme même qui disparaît. »

Le tract diffusé au CHPM Gourmelen au retour de la manifestation :

Publié le 6 juin 2013
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