Loi santé : nouvelles évolutions en vue dans l’organisation hospitalière

Nouvelles évolutions en vue dans l’organisation hospitalière. La loi de santé prévoit la création, en 2016, de groupements hospitaliers de territoire.

Dans le Finistère, Sud Santé redoute une concentration accrue à Brest et Quimper. Un directeur d’hôpital parie, lui, sur les coopérations. Au nord, une communauté hospitalière de territoire autour du CHRU de Brest-Carhaix (600.000 habitants, 9.200 emplois, budget cumulé de 617 M€). Dans le sud, une Union hospitalière de Cornouaille (300.000 habitants, 6.000 emplois, 310 M€) autour du centre hospitalier de Cornouaille (Chic). Cette dernière intègre deux structures privées (Hôtel-Dieu de Pont-l’Abbé et centre de soins de suite et de rééducation de Saint-Yvi). Après les communautés de territoire instaurées par la loi Hôpital, patients, santé et territoires (2009), voici entrevus pour 2016 les groupements hospitaliers de territoire. Ils figurent dans la loi de Santé, adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale, en avril. Les sénateurs vont se prononcer demain. « Ces groupements vont accélérer la concentration et les transferts d’activités vers les deux hôpitaux de référence, le CHRU à Brest et le Chic à Quimper, au détriment des hôpitaux de proximité. Et peut-être même qu’à terme, il n’y aura plus qu’un seul GHT piloté par Brest. Une menace pour l’emploi et les conditions de travail, un déséquilibre de l’offre de soins », redoute Jean-Paul Sénéchal, pour le syndicat Sud Santé. « La loi préconise aussi la création d’un comité stratégique, à la place du conseil de surveillance, dans chacun des établissements supports, desquels les représentants des personnels médicaux et paramédicaux seraient exclus », tonne le syndicaliste. Sud Santé juge tout aussi « préoccupant la mise en place d’un système d’information partagé (dossiers des patients) à si grande échelle », « la définition d’un projet médical commun entre des structures si différentes » ou « encore l’examen des moyens financiers par l’Agence régionale de santé par groupements hospitaliers de territoire ».

« Déjà 80 % de la loi »

« Nous avons comme point de départ en Bretagne qu’il y aura autant de GHT que de territoires de santé, c’est-à-dire huit », assure Jean-Roger Pautonnier, vice-président de la Fédération hospitalière de France en Bretagne. « Aujourd’hui, l’Union hospitalière de Cornouaille réalise 80 % de la préfiguration de la loi santé, dont le GHT. Nous avons déjà engagé des coopérations dans pleins de domaines, on mutualise les achats. On a pris de l’avance dans la mise en place de filières de soins. Il reste le système d’information et l’approche médicale commune à réaliser », décrit celui qui est aussi le directeur du Chic. « On va vers des parcours de santé personnalisés pour la population, qui reposeront sur des dossiers médicaux partagés, avec la nécessité de réguler au mieux les prises en charge entre le degré de proximité, qui va changer du fait de la démographie médicale, et le plateau technique de référence, qui, inévitablement, va concentrer des moyens technologiques pour aller vers moins d’agressivité thérapeutique », décrit le directeur du Chic. « Tout cela passe par des coopérations renforcées dans les champs médicaux, de recherche et de formation, entre nous et avec le CHRU, et des structures privées », insiste Jean-Roger Pautonnier. Le Télégramme a sollicité, sans succès, le directeur général du CHRU de Brest.

Source : Le Télégramme. 5 octobre 2015.

Publié le 7 octobre 2015
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