Pédiatrie. Le lit pliant facturé aux parents

Au 1er janvier, le lit pliant sera facturé 15 € la nuit à l’accompagnant d’un enfant malade hospitalisé en pédiatrie, au Centre hospitalier intercommunal de Cornouaille (Chic). Le syndicat Sud Santé dénonce une situation insupportable. La direction, elle, défend une application au cas par cas.

« Le service de pédiatrie, qui est passé du 6e au 3e étage il y a cinq ans, a connu depuis une augmentation de son activité de plus de 40%. Pour autant, l’effectif n’a pas bougé. On est allé à la rencontre du personnel en souffrance et on a appris qu’on allait facturer les matelas dans les chambres », s’indigne Jean-Paul Sénéchal, délégué de Sud santé, majoritaire au centre hospitalier de Cornouaille. Interrogé sur ce point, le directeur de l’hôpital a éludé, dans un premier temps, la question en affirmant qu’aucun matelas installé par terre ne serait facturé au parent souhaitant rester auprès de son enfant malade. Ce n’est que lors du conseil de surveillance, vendredi 14 décembre, au cours duquel les tarifs hospitaliers applicables au 1er janvier ont été présentés, que ce tarif de 15€ par nuit pour l’accompagnant a été effectivement confirmé.

Une aide précieuse pour le personnel

Une décision qui a fait bondir le représentant syndical qui est aussitôt intervenu pour dénoncer cette situation qui remet en question la présence des parents auprès de leurs enfants malades, notamment ceux en fin de vie, alors qu’ils ont dû prendre des congés et sont déjà dans une situation financière difficile. « Les parents sont une aide précieuse pour le personnel soignant pour faire la toilette, leur donner à manger ou faciliter les soins. Le week-end, le personnel se demande ce qu’il ferait sans les parents », souligne Sylvie Bourhis, de Sud santé. « Il y a des expériences. Au CHU de Rennes, la chambre est facturée 18€ la nuit mais il s’agit d’un petit studio », précise Jean-Paul Sénéchal, qui a appris depuis que ces lits d’appoint seraient aussi facturés à la maternité. « C’est emblématique de la situation de l’hôpitalqui ne va pas bien et dont le budget n’est pas à la hauteur », poursuit ce dernier qui déplore l’absence de dialogue social, ce qui a d’ailleurs amené le syndicat à quitter, le 11 décembre dernier, la réunion du comité technique d’établissement, « la première fois depuis 1981 ». Lors de cette réunion, le syndicat a dénoncé l’existence de postes (sages-femmes, infirmières) à la maternité avec des plages horaires de 12h15, « ce qui est illégal ». « On sait qu’à moyen terme cela a des conséquences catastrophiques pour la santé des gens », fait valoir Jean-Paul Sénéchal. Il ne peut accepter de voir la direction défendre de tels horaires alors que les conditions de travail sont extrêmement difficiles dans les services et que les conseils de disciplines, avec des sanctions extrêmement lourdes, n’ont cessé d’augmenter depuis trois ans.

« Respectueux des situations »

Contactée par nos soins, la directrice-adjointe Anne-Claire Gautron a confirmé que cette tarification de 15€ avait été mise en place pour des « lits pliants au standard hôtelier ». Elle a cependant tenu à préciser que ce tarif serait applicable au cas par cas. « Pour les personnes qui n’ont pas de mutuelle ou quand il s’agit de soins palliatifs ou dans une période un peu douloureuse pour les enfants, cette prestation ne serait pas facturée », a indiqué la responsable. Et d’ajouter : « On est comme toute structure, on a des dépenses et des recettes. On reste dans nos missions de service public en étant respectueux des situations ».

Delphine Tanguy. Source : Le Télégramme

Publié le 21 décembre 2012
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