Plonéour. Relations tendues à la maison de retraite

Une vingtaine de salariés de la maison de retraite de Plonéour ont manifesté devant l’établissement, hier, entre 14h et 15h. En cause, des relations pour le moins tendues entre la direction et le personnel, qui réclame un peu plus d’attention.

14h, hier, à la maison de retraite de Plonéour. Derrière les murs, tout est paisible. Le temps suspend son vol en ce début d’après-midi. Sieste d’après-déjeuner, bavardages pour digérer, le quotidien des 96 résidents paraît à peine troublé par le murmure de protestation qui enfle devant l’entrée. Sur les 43employés affectés au service d’hébergement - la partie maintien à domicile n’étant pas concernée - une vingtaine de personnels de santé, drapeaux violets de Sud Santé en tête, occupent les lieux. « 100% des effectifs de service sont en grève », annonce une manifestante, bien plus remontée que l’horloge de l’entrée qui bat doucement la cadence. « Épuisement des soignants », « Respect des droits, droit au respect », « Sérénité des agents, bien-être des résidents »... Les slogans sont de sortie. Une première pour l’établissement, qui n’avait pas connu telle grogne depuis au moins vingt ans. Ayant fait le déplacement pour l’occasion, Jean-Paul Sénéchal, un des responsables de Sud Santé au niveau départemental, prend la parole. « On parle sans arrêt des devoirs des personnels. D’accord, mais ils ont aussi des droits ».

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Problèmes relationnels

En cause, « de graves problèmes dans les rapports sociaux entre le personnel et la hiérarchie ». « On demande une rencontre avec la directrice, MmeDenoual-Bolzer, poursuit Jean-Paul Sénéchal. Onveut discuter, et arriver à plus de respect des salariés ». La communication interne, de l’avis desagents, ne serait donc pas des plus cordiales au sein de la maison. « On apprend les changements de planning au dernier moment, du jour même pour le lendemain, sur un tableau, alors que des responsables sont dans l’établissement. Ils pourraient au moins venir nous le dire directement », déplore une salariée. « Je reviens de congé maladie de longue durée, raconte une autre gréviste, les larmes aux yeux. La première chose qu’on me fait comprendre, c’est que je ne suis "pas fiable", c’est scandaleux ».

Respect du droit

« Ce qu’on demande, poursuit Jean-Paul Sénéchal, c’est le strict respectdu droit. Du droit de grève par exemple. Il a fallu que je téléphone à ladirectrice de la DDASS pour qu’elle intervienne et fasse respecter le droit de grève, parce queMmeDenoual-Bolzer avait prévu d’assigner les salariés au travail ». Du côté de la direction etdescadres, personne n’a souhaité commenter l’épisode. « MmeDenoual-Bolzer est en réunion à l’extérieur », explique un cadre de santé, presque surpris. Un mutisme qui étonne les syndicats. « Ils étaient au courant, proteste Jean-Paul Sénéchal. J’ai eu la directrice au téléphone à ce sujet fin décembre. Et puis, on est obligé de prévenir cinq jours avant au moins si on veut faire grève. Ce droit du travail est enseigné dans les écoles ». Dans l’attente d’une réponse de la directrice de la maison de retraite, qui gère aussi celle de Pors-Moro à Pont-l’Abbé, les grévistes ont voté un nouveau débrayage, mardi prochain, entre 14h et 15h.

Marc Revel

21 janvier 2009 - Source : Le Télégramme -

Publié le 21 janvier 2009
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