Plus de 200 salariés débrayent

Plus de deux cents salariés de l’hôpital de Carhaix ont débrayé, hier, pour dénoncer une détérioration de leurs conditions de travail.

À l’appel de l’intersyndicale (CFDT, CGT SUD), une partie du personnel de l’hôpital de Carhaix a débrayé hier après-midi entre 14h30 et 15h30. Le mouvement revendicatif a été suivi par plus de 200 personnes qui ont dénoncé « une détérioration des conditions de travail », un an après la fusion de l’hôpital avec le CHU de Brest. « Non seulement les activités de chirurgie et de maternité ne sont pas stabilisées, mais voici que le secteur de médecine est en danger avec le départ coup sur coup de trois praticiens », soulignent les syndicats. « Aujourd’hui, il semblerait que le fonctionnement du service se fasse, en partie, en faisant appel à des médecins intérimaires. Cette pratique nous a été reprochée en 2008 mais, alors que la fusion devait y mettre fin, elle est à nouveau à l’ordre du jour. Les pratiques illégales d’hier sont donc légales aujourd’hui », s’étonne Anne-Marie Lucas, porte-parole de la CFDT. Pour Jacques Gloaguen (Sud Santé), en dépit de tous les efforts consentis par le personnel, l’interrogation quant au maintien de l’hôpital dans sa configuration actuelle ne fait que s’amplifier.

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« Le service de médecine fonctionnera »

Gérard Tallec et Jean-Christophe Paul, représentants de la direction, venus à leur rencontre, ont dit « comprendre » les inquiétudes des salariés mais ont assuré que le service de médecine continuera de fonctionner « coûte que coûte » malgré le départ des trois médecins. « Ces départs sans anticipation nous mettent dans une situation assez délicate car le contexte de recrutement n’est pas facile », reconnaît Jean-Christophe Paul, directeur adjoint du CHRU, responsable des sites extérieurs, dont Carhaix. « Toutefois, nous travaillons sur plusieurs pistes. Nous sommes en train de recruter des remplaçants pour l’été et des titulaires pour la rentrée. Mais il m’est difficile d’en parler tant que ce n’est pas officiel ». Pour la CGT, le renfort des médecins brestois est « indispensable ». « Le site de Carhaix représente environ 10% de l’activité du CHRU ; il serait donc logique que davantage de médecins brestois (ils sont plus de 900), se déplacent à Carhaix », estime Christine Corvellec. « Il faut aussi que les médecins assurent des gardes. Par ailleurs, pourquoi ne pas faire jouer la solidarité de pôle au niveau médical ? », interroge Laurence de Bouard (Sud Santé). « Pour tout médecin qui prend contact avec le CHU en vue d’un recrutement, on abordele cas du travail à Carhaix »,
assure le responsable du site.

« Il faut un signe fort »

Une réponse qui ne lève pas les inquiétudes des salariés. Pour beaucoup, ce débrayage est l’expression d’un « ras-le-bol général ». Car outre le manque de praticiens et l’absence de stabilité médicale qu’il entraîne, le personnel dénonce aussi des conditions de travail « de plus en plus pénibles » et une absence totale de communication avec la direction. « Nous demandons un signe fortde retour à des conditions de travail sereines et pérennes, que les efforts consentis (pertes de trois jours de RTT, hausse de prix du repas...) ne soient pas vains. Nous avons besoin d’être requinqués », conclut Anne-Marie Lucas.

Nathalie Com

18 juin 2010 - Source : Le Télégramme -

Publié le 18 juin 2010
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