Réactions syndicales à l’accident médical du CHP Morlaix

Le Ouest-France s’est fait l’écho du dramatique accident médical qui a coûté la vie à une personne. Le manque de personnel, la pression sont maintenant quotidiens ont souligné nos collègues à l’occasion du jugement. Voici l’article :

Au lendemain du jugement pour homicide involontaire, suite à une erreur de transfusion sanguine en 2004, les réactions se font discrètes. Un leitmotiv toutefois, la pression sur les professionnels s’accroît.

Réaction de surprise

La condamnation pour homicide involontaire du centre hospitalier ainsi que de quatre soignants paramédicaux (voir Ouest-France d’hier), était dans tous les esprits hier, à l’hôpital de Morlaix. La direction, qui n’avait pas encore copie du jugement, a préféré ne faire aucun commentaire. Côté syndicats, la CFDT et Sud Santé, ont réagi avec circonspection. « On ne connaît pas encore les attendus du jugement. Et les prévenus peuvent faire appel », ont commenté Stéphane Postollec et Philippe Le Basque, représentants CFDT du personnel non médical. Mais ils le reconnaissent, « la décision a surpris » : l’hôpital, le personnel paramédical sont en effet jugés coupables, tandis que les médecins sont relaxés, contrairement aux réquisitions du procureur.

Surcharge d’activité

Plus de huit ans après les faits, les syndicats ne disposent pas d’éléments sur les circonstances de la tragédie qui a coûté la vie à Émile Le Jeune, suite à une erreur d’identité, lors d’une transfusion sanguine. Ce qu’ils connaissent en revanche, ce sont les conditions de travail de leurs collègues. « On est constamment sur la corde raide. Certains viennent travailler avec la peur », témoigne Francis Landouar, secrétaire départemental de Sud Santé, et membre du bureau de Morlaix. L’été, lors des pics d’activité, aucun renfort n’est prévu. « Entre 2004 et 2012, on est passé de 23 499 passages annuels aux urgences à 31 423, soit 25 % d’entrées en plus, détaille Philippe Le Basque. Mais dans le même temps, les effectifs sont restés stables. »

Avalanche de protocoles

Paradoxe de la situation, les établissements ne cessent de renforcer la sécurité en multipliant les protocoles pour la bonne pratique des actes médicaux : « On croule littéralement dessous. Mais ces recommandations, produites par la direction, ne sont pas toujours applicables », dénonce Francis Landouar, de Sud Santé. Pour la CFDT, c’est le règne du principe de précaution, avec pour effet direct l’augmentation de la charge administrative : « Avant, on pouvait consacrer plus de temps aux patients, au lieu de remplir des formulaires », note Philippe Le Basque.

Assurances en hausse

Dans ces conditions, le personnel soignant est de plus en plus exposé aux risques d’erreurs, et du coup à la mise en responsabilité pénale. Conséquence : « Alors que ce n’était pas la culture dans le paramédical, de plus en plus d’agents souscrivent une assurance professionnelle », devenue systématique chez les médecins. « Il y a des assureurs qui sont en train de surfer sur ce type d’événements. On assiste à une véritable montée en puissance, confirme Francis Landouar. La question de la responsabilité est posée, mais les problèmes restent et n’empêchent pas les risques sous pression. »

La sécurité malgré tout

Toutefois, entre 2004 et aujourd’hui, plus rien d’équivalent. « Il y a eu une véritable révolution dans les hôpitaux », souligne la CFDT. Le risque zéro n’existe pas, mais les syndicats rappellent : « L’hôpital de Morlaix est un très gros établissement. Les patients y sont soignés en toute sécurité. »

« Les pratiques actuelles sont validées par le conseil de surveillance », affirme également Agnès Le Brun, qui préside cette instance en tant que maire de Morlaix. Hier soir, elle a dit toute la confiance qu’elle place dans les équipes professionnelles et la direction.

Source : Ouest-France. 18 avril 2013.

Publié le 18 avril 2013
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