Solidaires. Quimper : cap sur les TPE pour la défense des salariés

Au nom « d’une défense sincère des salariés », l’Union syndicale Solidaires espère obtenir plus de 8% de voix aux élections syndicales dans les très petites entreprises, seuil permettant de négocier les conventions collectives.

Les élections syndicales des TPE auront lieu du 28 novembre au 12 décembre dans les entreprises de moins de onze salariés. Le vote aura lieu par sigle. L’union syndicale Solidaires espère voir son soutien aux salariés reconnu et encouragé. « La grande majorité des salariés accompagnés par nosdouze conseillers travaillent dans de très petites entreprises », lance justement Jean-Paul Sénéchal, délégué départemental du syndicat. Il espère que les TPE permettront de mieux informer « ces salariés dont on ne parle jamais », tout en aboutissant à une mesure de l’audience syndicale.


Régis Thomas et Patrice Campion sont membres de la commission juridique de l’union syndicale Solidaires. À leur gauche, Jean-Paul Sénéchal est délégué départemental du syndicat.

« Une aide sincère, sans contrepartie »

« On ne mélange pas notre activité syndicale avec la défense des salariés. Le salarié passe avant. On n’a jamais demandé à quelqu’un de s’inscrire chez nous avant de l’aider et on privilégie toujours une solution amiable avec l’employeur », avance Régis Thomas, membre de la commission juridique et conseiller du salarié. Il s’occupe actuellement du dossier de Guillaume, jeune plombier licencié pour faute grave. « Mon employeur m’a accusé de travail au noir et prétend avoir des preuves. L’entretien de licenciement était tendu mais j’avais Régis Thomas à mes côtés. Avec ses conseils, nous irons aux prud’hommes. Mon employeur a des avocats et des huissiers, moi je suis bien content d’avoir trouvé un soutien. Lorsqu’on est quatre employés et que quelqu’un doit perdre son travail, la solidarité n’est plus évidente », raconte-t-il. Les cas comme le sien sont étudiés lors de la permanence de la commission juridique de Solidaires, qui a lieu tous les jeudis au 33 de l’avenue de la libération. Une dizaine de dossiers sont ainsi en cours aux prud’hommes.

Des situations aberrantes

L’histoire de Marion est peut-être encore plus marquante. Avant d’être aidée par la commission juridique de Solidaires, cette jeune pâtissière signait chaque mois un papier selon lequel elle renonçait à ses heures supplémentaires pour pouvoir toucher son salaire. « Lorsque mon employeur a compris que je n’allais pas me laisser faire, il m’a mis des bâtons dans les roues, comme placer la machine à glaçons à côté du four. Tout ça pour pouvoir ensuite critiquer mon travail et me licencier pour faute grave », confie-t-elle. À peine étonné, Jean-Paul Sénéchal, estime que ce type de litige risque de se multiplier dans une conjoncture morose. « C’est pour cette raison que les salariés doivent pouvoir se tourner vers des gens qui les soutiennent de manière sincère et compétente ». Pour limiter la casse, Solidaires espère toutefois obtenir 8% des voix afin de pouvoir négocier les conventions collectives, qui peuvent être gage de progrès sociaux. Mais après l’échéance des TPE viendront les prochaines élections dans les institutions représentatives du personnel ainsi qu’à la chambre de l’agriculture. Du pain sur la planche.

23 novembre 2012 - Source : Le Télégramme.

Publié le 24 novembre 2012
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