Soutenir la lutte des salarié-e-s de la Polyclinique de Quimper

La CFDT était le seul syndicat jusqu’aux jours derniers de la Polyclinique Sud de Quimper, une clinique privée à but lucratif de près de 200 salariés qui a été rachetée par les propriétaires de la clinique Saint-Michel et Sainte-Anne en décembre 2009.

Ce syndicat (?) a signé un avenant au protocole sur le temps de travail, qui datait de 1999, avec le directeur de la clinique. Cet avenant comprend des horaires sidérants : travailler 5H de 19H30 à 00H30 et 12H30 de jour et de nuit.

Les grévistes devant la clinique. Flou artistique ;-)
Les grévistes devant la clinique. Flou artistique ;-)

La direction de la clinique se plaint dans le même temps de ne pas être dans la meilleure situation financière possible. D’où la conclusion que chacun peut en tirer : cet avenant au protocole sur le temps de travail est un outil pour diminuer la masse salariale de la clinique et donc, en corollaire, aggraver les conditions de travail des agents. C’est possible, notamment en diminuant fortement le temps de présence quotidien, ou, au contraire, en l’augmentant très sensiblement, pour diminuer les postes nécessaires.

Dans les faits, le planning qui débute lundi 4 juin 2012 permet de cumuler ces deux avantages pour l’employeur. Et au fait, qui est l’employeur ?

Le propriétaire de la clinique est la Mutualité Française, autrement dit les salariés mutualistes... Pas mal, non ?

Si vous regardez du côté du propriétaire, qui est censé ne pas être un capitaliste assoiffé d’argent et être respectueux de ceux qui travaillent - qui sont aussi des mutualistes - le discours est édifiant et même lénifiant. Que lit-on sur le site de la mutualité :

Héritière d’hommes et de femmes qui se sont engagés pour constituer une société plus harmonieuse, la Mutualité s’appuie sur les principes de solidarité et d’entraide. Elle apporte une réponse concrète aux besoins sociaux de la population.

Soit ce discours déborde d’hypocrisie, soit la direction de la Mutualité Française 29-56 ignore ce qui se fait en son nom. Mais nous allons l’interpeller pour qu’elle ne puisse pas dire qu’elle ne savait pas.

La mutualité cautionne-t-elle le fait que la direction menace de licenciement ceux qui refuseraient de changer leur contrat de travail pour qu’ils s’adaptent aux nouveaux horaires ? Nous demanderons aux membres mutualistes de son conseil d’administration s’ils cautionnent ces pratiques d’un autre temps.

Et sur l’avenant à la Polyclinique ?

Les représentants, élus sous étiquette CFDT, ont donc signé ce protocole le 13 avril 2012, sans en dire un mot aux salariés. Dix jours plus tard, le 23 avril, les élections se tenaient et la CFDT s’est bien sûr empressée de cacher sa signature. Tous les salariés qui ont voté ont alors choisi la CFDT, sans imaginer ce qui s’était passé. Puis ils ont appris l’existence de nouveaux horaires et la signature d’un protocole fantôme avant les élections.

Mais ils n’ont jamais vu le protocole qui restait invisible. Il a fallu la désignation d’une RSS (représentante syndicale de section) SUD qui a dénoncé cette absence devant le directeur et un appel téléphonique du syndicat départemental SUD à l’inspection du travail pour que l’avenant apparaisse le lendemain de la création de la section.

Encore plus fort, le 1er juin, jour de la grève (la première dans l’histoire de la clinique) se tenait la négociation sur les salaires et aucun salarié n’était au courant. La CFDT, le syndicat de la transparence, tellement transparent qu’on ne voit plus aucune information de leur part sur ce qui est primordial. Dans cette clinique est appliquée la CCU (convention collective unique), une des pires. Les salaires tournent autour de 1000 euros et pour beaucoup en dessous avec les temps partiels. Bref, il y a matière à informer les personnels et à les mobiliser pour de meilleurs salaires.

La grève dérange

De nombreuses pressions ont été exercées sur les salarié-e-s avant la grève pour en diminuer l’impact et leur faire porter la responsabilité d’un possible dépôt de bilan (????). Ces pressions n’étaient pas exercées que par la direction, si vous voyez ce que nous voulons dire ... De plus, la direction de la clinique a intimé l’ordre au personnel, en toute illégalité, de garder des agents en poste pendant la grève. Faut-il rappeler à la direction que le droit de grève dans les entreprises de santé à but lucratif n’est pas soumis à la continuité des soins ?

La direction, qui connaissait le jour de la grève, avait le temps de s’organiser pour reporter des interventions ou des rendez-vous.

Mais qu’ils se rassurent. Nous avions décidé, d’un commun accord entre le syndicat et les salariés de ne pas dégarnir les postes de travail et de faire grève en début d’après-midi.

L’action va se poursuivre

Mais, si la direction persiste à être sourde aux attentes des personnels, nous ferons une autre grève et d’une autre ampleur. Cette fois-là, ce sera le matin, dès 8 heures et là, pas question de limiter le droit de grève. Une première grève, aimable de notre part, a été faite pour montrer que l’accord signée en cachette par des représentants d’une organisation syndicale, est rejetée par une portion importante, voir majoritaire du personnel.

Mais nous avons aussi d’autres moyens d’intervention que la grève dans un premier temps. Notamment interpeller les différents acteurs publics, et, s’il le faut, manifester devant les mutuelles propriétaires de ces établissements pour les mettre face à leurs responsabilités.

Cette clinique de 200 salariés a été rachetée voici quelques mois par la Mutualité Française qui est propriétaire de toute l’hospitalisation privée quimpéroise. Le directeur est commun aux deux établissements et les horaires appliqués lundi prochain à la Polyclinique le seront vraisemblablement dans les semaines à venir dans l’autre clinique. Nous espérons que les salarié-e-s de cet établissement, la clinique Saint-Michel et Sainte-Anne, nous contacteront pour engager un combat commun contre cette situation.

En attendant, soutenez l’action des personnels.

Publié le 3 juin 2012
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