Urgences de nuit. « Dialogue de sourds » à Quimper

La mobilisation se poursuit pour le maintient des urgences de nuit à l’hôpital de Concarneau. Mercredi, le conseil d’administration du Chic a été annulé pour cause de manifestation. Chacun campe sur ses positions. Comme annoncé lors de la réunion publique organisée lundi soir (Le Télégramme de mardi), plusieurs manifestants se sont invités au conseil d’administration du Centre hospitalier intercommunal de Cornouaille (Chic), mercredi matin à Quimper, pour s’exprimer contre le projet de fermeture des urgences de nuit à Concarneau. Direction et manifestants ont précisé leur position. « Un dialogue de sourds », a reconnu le directeur, Hamid Siahmed. Jean-Paul Sénéchal, au nom de l’intersyndicale du Chic : « Le conseil d’administration doit délibérer sur ce projet. Sinon, nous irons en justice (...). C’est à la population de décider comment elle doit être prise en charge. Comment imaginer une population de 50.000 personnes, voire 100.000 en été, sans urgences à partir de 20 h ? S’il y a un enfant qui se blesse à la pointe de Trévignon une demi-heure avant 20 h, il devra aller à Quimper (...). Nous reviendrons à chaque fois, devant le CA, pour dire qu’il doit trancher sur ce dossier. On veut une discussion ». Un représentant des usagers : « Il est impensable qu’une décision d’une telle gravité soit prise de manière purement administrative. Le problème est d’abord celui de la population. Il y a des sujets pour lesquels la délégation de pouvoirs trouve ses limites. Vous ne prendrez pas de décision sans la population. Nous serons là à chaque fois ».

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« Hamid » Siahmed, directeur du Chic : « Le problème fondamental est un problème de démographie médicale. « Il ne peut y avoir de service d’urgences sans urgentistes. Actuellement, les praticiens à Concarneau travaillent plus de 60 heures. Or, je dois être garant de la réglementation sur le temps de travail (...). Dans ce projet, il ne s’agit pas d’altérer la sécurité de la prise en charge. Les urgences continueront au Chic. Mais il y a une nouvelle organisation à adopter ». « Actuellement, 78 % des passages aux urgences sont non-programmés. On compte une moyenne de sept passages aux urgences de Concarneau entre 20 h et 8 h. De 22 h à 8 h, la moyenne est à 3,5 passages. Et l’été, l’augmentation est de 50 %. Soit cinq passages (...). La quasi-unanimité du corps médical adhère au choix organisationnel que l’on souhaite mettre en place ». Docteur Gilles Méhu, président de la commission médicale d’établissement : « Les urgences vitales continueront à être prises en charge 24 h sur 24 à Concarneau (...). Je me bats depuis deux ans pour assurer la permanence des urgences à Concarneau. Mais cela fait trois mois que j’aligne 70 heures par semaine. Nous n’en pouvons plus. Certains médecins sont partis parce qu’on leur imposait ce rythme ». Bernard Poignant, maire de Quimper : « La situation est inédite, puisque le conseil d’administration ne peut être installé. Je ne peux m’occuper de rien, tant qu’il n’y a pas d’installation. Si j’en devenais le président, je me renseignerais pour savoir si oui ou non, une délibération doit être prise sur ce sujet ».

2 mai 2008 - Source : Le Télégramme -

Publié le 2 mai 2008
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