Urgences de nuit. Le combat reprend dès ce matin

Toujours mobilisé, le comité de défense de l’hôpital filtrera ce matin les voitures à un rond-point de Quimper. D’autres actions suivront, sans utiliser la radicale méthode « carhaisienne », loin de faire l’unanimité hier soir en réunion publique.Faut-il désormais faire preuve de violence pour être entendu ? La question a agité une bonne partie de la réunion publique organisée hier au Cac par le comité de défense de l’hôpital. Un rendez-vous destiné à mettre en place de nouvelles actions pour obtenir le maintien du service des urgences de nuit, auquel une centaine de personnes ont participé.

« La vraie violence, c’est de fermer un hôpital »

Des syndicalistes comme Gilbert Phelep (CGT) ou Georges Trolez (CFDT) sont venus dire tout le mal qu’ils pensent de la « méthode carhaisienne », qui a fait quelque bruit ces derniers jours à Quimper : « Nous y sommes hostiles, il ne s’agit pas de casser un service public, comme la gare, pour en défendre un autre, d’autant que l’on connaît les dangers d’une telle radicalisation », lance le premier. Dans la salle, certains considèrent en revanche que « la vraie violence, la vraie cause de danger, c’est la fermeture d’un hôpital ». D’autant, ajoute Jean-Paul Sénéchal, autre syndicaliste (Sud-Santé) et membre du comité de défense, que « l’ARH a amorcé un recul face à la résistance carhaisienne ». « La situation carhaisienne n’est celle de Concarneau : là-bas il s’agit de créer un désert en centre-Bretagne », conclut Marcel Tilly, du comité. Amenée à s’exprimer, la salle défendra plutôt le principe d’actions pacifistes. Ce sera le cas dès ce matin, où des Concarnois vont mettre en place dès 8 h un barrage filtrant au niveau du rond-point de Troyalac’h, à Quimper. « Ne pas gêner les salariés allant au travail », est la priorité. Comme décidé lors d’une réunion de coordination, vendredi à Carhaix, des comités d’autres hôpitaux vont mener des opérations semblables. « Face à la révolution de la carte sanitaire en Bretagne, nous devons nous serrer les coudes » résume Marcel Tilly. Les manifestants remettront ce matin aux automobilistes un tract appelant à un grand rassemblement, le vendredi 20 juin, devant l’Agence régionale de l’hospitalisation, à Rennes.

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Un nouveau recours ?

Le comité a aussi évoqué hier soir la possibilité d’un nouveau recours au tribunal administratif contre la fermeture, après avoir été débouté vendredi dernier. « Le directeur de l’hôpital s’est rendu compte de son erreur et a demandé au directeur de l’ARH de le couvrir, en sortant un communiqué en dernière minute : on va attendre le 13 juin, date de la fermeture définitive, pour attaquer la décision », affirme Jean-Paul Sénéchal. Mais la procédure coûte cher (entre 1.000 et 1.200 €) : plusieurs préféreraient voir cet argent aller dans la mise en place de cars pour Rennes. Dernier point : la rencontre entre André Fidelin et Roselyne Bachelot, demain à Paris. Les participants à la réunion souhaitent qu’un représentant du comité l’accompagne. Ils remettront les copies des 8.800 signatures recueillies par la pétition. L’idée serait ensuite d’aller déposer les originaux en préfecture, fin juin début juillet, au cours d’une manifestation du pays de Concarneau à Quimper. Sans catapulte.

10 juin 2008 - Source : Le Télégramme -

Publié le 10 juin 2008
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